À paraître mardi 6 octobre : l’entretien avec Tommy-Lee Baïk, cofondateur de StoryRoads, un studio de Montpellier qui vend des séries verticales aux marques et porte la plateforme Dramelo. Sa première série, Les Héritiers, doit coûter environ 5 000 euros pour 25 minutes.
Cette semaine, une juge américaine a validé les conditions de la fusion de deux géants de l’audiovisuel, Paramount et Warner Bros. Discovery. Au Royaume-Uni, l’opérateur de télécoms Vodafone s’est mis à vendre la télévision avec Netflix inclus. En France, la publicité de plusieurs services de streaming a été mesurée pour la première fois. Et une application indienne de micro-séries, des séries en épisodes d’une à deux minutes tournés pour le téléphone, a publié des comptes qui montrent un profit.
Ces faits se rangent en trois branches : la distribution, la mesure, et le déplacement des acteurs et du capital.
En bref
Paramount et Warner Bros. Discovery : une juge américaine a validé les conditions de leur fusion, dont la clôture est annoncée pour le 6 octobre. Elles imposent 156 films en 5 ans et un Pluto TV gratuit. Le texte de l’accord ne nomme ni HBO Max ni le sport.
Au Royaume-Uni, Vodafone vend la télévision avec Netflix et HBO Max dedans. BT, l’opérateur historique, lance la sienne le 15 octobre.
L’institut Kantar Media mesure pour la première fois la publicité de trois services de streaming en France : 226 millions d’euros en quatre mois.
Netflix : selon son codirigeant Ted Sarandos, le direct pèse environ 5 % du budget de contenu et 1 % du visionnage.
Live Nation, géant américain des concerts, finance une société qui doit racheter des agences de management de créateurs en ligne.
DAZN, plateforme de sport en streaming, diffuse gratuitement plus de 400 matchs de basket portugais.
HBO Max doit entrer dans Watch, l’outil de mesure d’audience de l’institut Médiamétrie.
Kuku, application indienne de micro-séries : plus d’une centaine de millions d’euros de chiffre d’affaires, et un profit net with a twist
Vertical drama : une réalisatrice de micro-séries passe au long métrage, et la question est de savoir s’il faut mesurer avant d’écrire ou écrire avant de mesurer.
Paramount et Warner Bros. Discovery : 156 films en 5 ans, Pluto TV gratuit
Paramount Skydance est le groupe de la chaîne CBS et du service de streaming Paramount+. Warner Bros. Discovery possède le studio Warner Bros., la chaîne HBO et le service HBO Max. Les deux ont convenu de fusionner, et 12 États américains les avaient assignés devant un tribunal fédéral de Californie pour contester cette fusion.
Le 30 septembre, la juge a levé l’ordre qui interdisait de la conclure et validé l’accord de consentement, en anglais consent decree. C’est un accord homologué par un juge : les deux groupes prennent des engagements écrits et la procédure s’arrête. La clôture, c’est-à-dire la finalisation de l’opération, est annoncée pour le 6 octobre, d’après le communiqué de Warner Bros. Discovery.
La date a glissé. Le #47, le 22 juin, racontait le feu vert du ministère américain de la Justice donné le 12 juin et une clôture promise « pour le 30 septembre au plus tard ».
Les engagements de l’accord, pour cinq ans :
Films. 30 films par an en salle les 2 premières années, puis 32, soit 156 films de 2027 à 2031. Au moins 20 puis 21 sortent en « sortie large », c’est-à-dire sur au moins 2 000 écrans.
Fenêtres. Chaque film reste au moins 45 jours en salle, à compter de sa sortie américaine. Il n’arrive sur un service d’abonnement, Paramount+ ou son successeur compris, que 90 jours après cette sortie.
Production. Au moins 300 millions de dollars de plus par an aux États-Unis qu’en 2025 (267 millions d’euros).
Sanctions. 30 millions de dollars (27 millions d’euros) par film manquant. Si le manque n’est pas résorbé dans les 6 mois qui suivent la fin de l’année, le groupe doit céder le studio de cinéma Miramax.
Pluto TV. Ce service de télévision gratuit, financé par la publicité, reste en place au niveau de qualité qu’il avait à l’entrée en vigueur de l’accord, sous sa marque ou sous un « équivalent ».
Les mots « sport », « NFL » (National Football League, le football américain) et « UFC » (Ultimate Fighting Championship, une ligue d’arts martiaux mixtes) n’apparaissent pas dans le texte.
Ce que les dirigeants annoncent
Le 2 mars, David Ellison, PDG (président-directeur général) de Paramount, disait « we do plan to put the 2 services together », soit « nous prévoyons de réunir les 2 services » (transcription déposée auprès de la SEC, le régulateur boursier américain). Paramount+ compte 81,6 millions d’abonnés fin juin (lettre aux actionnaires), alors que Warner Bros. Discovery ne publie pas de nombre pour HBO Max. Cependant les dernières nouvelles annoncent que les deux services devraient rester séparés, et vendus en bundle (un prix spécifique pour accéder aux deux services avec un identifiant unique). Pour l’instant en tous cas.
Sur le sport, Ellison déclarait le même jour « we have no divestitures planned at this time », soit aucune cession prévue, et des combats de l’UFC qui pourront passer sur TNT, la chaîne sportive de Warner Bros. Discovery. Les deux groupes détiennent déjà des droits sur l’UFC, côté Paramount et côté Warner Bros. Discovery, et sur la Ligue des champions de football, sur des territoires différents. Aucune décision publiée ne dit ce que devient ce chevauchement.
Au Royaume-Uni, Vodafone vend la télévision avec Netflix dedans, BT suit le 15 octobre
Vodafone et BT sont des opérateurs de télécoms : ils vendent d’abord l’internet et le mobile. Tous deux se mettent à vendre aussi la télévision.
Vodafone a mis Vodafone TV en service le 2 octobre. Le service réunit Netflix, HBO Max, Freely, la télévision en direct par internet des chaînes britanniques, et plus de 150 chaînes en plus de celles de Freely. Il démarre à 10 £ par mois (11,76 €) pour les clients Vodafone qui ont un forfait mobile ou haut débit. La formule Essential coûte 17 £ (19,99 €) et inclut Netflix et HBO Max dans leurs offres avec publicité. Les prix montent au 1er avril 2027, à 11,50 £ (13,52 €) pour la formule d’entrée, puis à 13 £ (15,29 €) en 2028, sur un contrat de 24 mois (communiqué Vodafone).
BT a annoncé le 1er octobre BT TV pour le 15 octobre, avec deux boîtiers, dont le BT TV Box Pro, qui enregistre plus de 600 heures. Le communiqué ne donne ni prix ni liste de services.
Le #38 rapportait qu’au Royaume-Uni 42 % des souscriptions de streaming passent par un intermédiaire, comme un opérateur ou un employeur, contre 37 % aux États-Unis, et que 71 % des Britanniques se disent plus fidèles à un opérateur qui les aide à économiser. Le #21 citait Dan Rayburn, qui annonçait que 60 % des abonnements de streaming américains seraient vendus par des packs d’opérateurs ou par des offres regroupant plusieurs plateformes d’ici 2026. En France, le #56 notait que la Freebox Ultra inclut Netflix, Disney+ et Prime Video dans leurs versions avec publicité.
Les opérateurs mobiles jouent le même rôle pour les micro-séries. L’application ReelShort est annoncée le 28 septembre chez Singtel, à Singapour, et chez Telkomsel, en Indonésie, selon MarkTech APAC.
Publicité et mesure dans le streaming : Kantar, Disney+, Hulu
À mon avis, la publicité du streaming pèse assez pour qu’on commence à lui appliquer les instruments de mesure et de tarification de la télévision. Kantar Media est une société d’études qui mesure la publicité. Elle publie le 28 septembre une première mesure des investissements publicitaires dans les services de streaming en France. Elle porte sur trois services, Netflix, Prime Video et Disney+, dans leurs offres avec publicité. De mai à août, elle relève 376 annonceurs actifs pour 226 millions d’euros « bruts ». Le communiqué ne définit pas ce mot. La page de méthode de Kantar Media le définit : les investissements bruts sont la valorisation faite sur la base des « tarifs plaquettes » des supports publicitaires, et les investissements nets sont ces montants après remises et négociations. Groupama est le premier annonceur. La mesure démarre au 1er mai pour Netflix et Prime Video, et au 10 juin pour Disney+.
Le #36 rapportait, d’après un rapport de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, que les formules avec publicité pesaient 65 % des abonnés de Prime Video, 50 % de ceux de Disney+ et 45 % de ceux de Netflix. Le #38 citait la lettre aux actionnaires de Netflix : cette formule fait plus de 60 % des nouvelles inscriptions dans les pays où elle existe. La lettre compte plus de 4 000 annonceurs, contre 376 ici pour trois services et la seule France.
Côté audience, HBO Max doit entrer dans Watch. Médiamétrie est l’institut qui mesure les audiences de télévision en France, et Watch est son outil de mesure vidéo, lancé fin octobre 2025. Warner Bros. Discovery l’a annoncé le 2 octobre, après avoir souscrit à ce service, et les premières données sont attendues dans les prochaines semaines, sans date, selon Stéphane Larue. Estelle Zeitoun, responsable des ventes de Warner Bros. Discovery en France, y voit un moyen d’apporter « davantage de visibilité et de transparence à nos partenaires et annonceurs » (son post LinkedIn). Stratégies annonçait dès le lancement 13 marques, dont Netflix, Prime Video, Disney+ et YouTube, et HBO Max pour un second temps parce que son application est distribuée par Canal+. En février, le #31 décrivait deux panels de foyers, l’un de 5 500 foyers pour la télévision et l’autre de 2 730 pour les plateformes, et notait que les comparaisons entre plateformes étaient alors interdites. Nous ne savons pas si cette règle a changé.
Disney+ ajoute l’Autriche à ses offres avec publicité en novembre. Cette offre, moins chère que l’offre sans publicité, s’appelle « Standard mit Werbung », annonce Disney Allemagne-Suisse-Autriche le 23 septembre, sans prix ni jour. Advanced Television rapporte la même arrivée en Pologne et compte 17 marchés d’offre avec publicité en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Selon le #19, 60 % des nouveaux abonnés de Disney+ choisissaient déjà cette formule, d’après le cabinet Deloitte. Dans le #53, Netflix venait de monter son offre avec publicité de 40 % à Berlin et à Vienne, de 4,99 € à 6,99 €.
Aux États-Unis, Hulu + Live TV, le forfait de télévision en direct par internet de Disney, passe à 99,99 dollars par mois (89 €), 10 dollars (9 €) de plus. La formule Premium, sans publicité dans le catalogue à la demande, passe à 109,99 dollars (98 €), selon Dan Rayburn. Le #23 avait vu la même logique en octobre 2025 : l’offre avec publicité de Disney+ passait de 9,99 à 11,99 dollars (8,90 à 10,68 €). Le #23 y voyait un moyen de forcer la migration vers cette formule en rendant l’autre prohibitive.
Netflix : le direct pèse 1 % du visionnage
Le 30 septembre, à Bloomberg Screentime, Ted Sarandos, qui codirige Netflix, a dit que Netflix consacre « about 5% of our content budget » au direct, soit environ 5 % du budget de contenu. Selon lui, le direct génère « about 1% of our watching right now », soit environ 1 % du visionnage. Il situe le budget de contenu à 20 milliards de dollars (17,8 milliards d’euros) (vidéo Bloomberg). Selon The Hollywood Reporter, repris par Yahoo, le visionnage de Netflix n’a progressé que de 2 % au premier semestre 2026.
Le bilan Droits sportifs streaming 2025 chiffrait la stratégie : Netflix investissait 600 à 650 millions de dollars par an (535 à 579 millions d’euros) dans le sport. Les matchs de catch de la WWE (World Wrestling Entertainment) comptaient pour 500 millions de dollars par an (445 millions d’euros). Le #23 notait que l’épisode de lancement de la WWE avait atteint 6,9 millions de spectateurs, puis que l’audience s’était stabilisée autour de 2,9 millions.
Live Nation finance Creator Nation, qui doit racheter des sociétés de management de créateurs
Live Nation se présente comme le premier groupe mondial de spectacle vivant. Le 1er octobre, il annonce Creator Nation, une société qui doit acquérir et développer des sociétés de management de créateurs, c’est-à-dire les agences qui gèrent la carrière et les contrats de personnes qui publient des vidéos en ligne. Creator Nation repose sur un engagement de capital de Live Nation dont le montant n’est pas publié, et ses premières acquisitions sont attendues « dans les prochains mois ». Ses cofondateurs sont Scott et Alexis Fisher. Scott Fisher a fondé Select Management Group, racheté par Propagate Content en 2025, qui représente plus de 500 créateurs pour une audience cumulée de plus d’un milliard. Michael Rapino, le PDG de Live Nation, décrit des créateurs qui bâtissent « careers that look a lot like broader entertainment businesses », soit des carrières qui ressemblent à de vraies entreprises de divertissement.
À mon avis, les cas qui suivent montrent un quatrième étage américain qui se structure par le haut, avec du capital et davantage de moyens. Le hors-série du 23 avril appelait « quatrième étage » le contenu créateur qui passe par les circuits classiques du broadcast en gardant sa grammaire propre.
Le même jour, Atlas Entertainment, la société de production de Charles Roven (Oppenheimer), a signé un accord de développement avec Culture Genesis, une société de représentation de créateurs fondée en 2018. Elle exploite un collectif présenté comme 190 des principaux créateurs de YouTube, dont iShowSpeed et Kai Cenat. Les deux sociétés doivent développer ensemble des films, des séries et des formats courts tirés de leur archive de contenus.
Le #48 écrivait que le capital descend vers les créateurs pour acheter « le droit de premier regard sur tout ce qu’ils produiront ». À l’inverse, Streaming Sonar Extended #1 montrait des créateurs qui quittent les structures qui les gèrent : quand un créateur atteint une masse critique, le contrat avec son réseau multi-chaînes (MCN) devient défavorable. Les profils issus de ce monde occupent aussi des postes de décision chez des groupes établis. Le 10 mars, Fox Entertainment a confié sa division Fox Creator Studios à Billy Parks, ancien partenaire du fonds pour créateurs de Slow Ventures. Fox avait signé en janvier avec Dhar Mann Studios 40 séries verticales, déjà citées dans le #30. Les Fisher, de leur côté, viennent du management de créateurs. Le 23 septembre, OpenAI a recruté Sam Yam, cofondateur de Patreon, pour diriger une nouvelle division Creator Product (Tubefilter). Il avait annoncé les premiers outils pour le DevDay du 29 septembre, mais les comptes rendus que nous avons lus, dont celui de Mashable, n’en citent aucun. Nous n’avons pas trouvé de cas où un créateur devenu dirigeant fait venir d’autres créateurs, et nous ne savons pas encore si l’authenticité et la liberté éditoriale des créateurs y résistent.
DAZN diffuse gratuitement les 8 grandes compétitions de basket portugaises
DAZN est une plateforme de sport en streaming, présente dans plus de 200 marchés. Elle et la Fédération portugaise de basket annoncent le 2 octobre un accord pour la saison 2026/27. Il comprend plus de 400 matchs en direct, sur les 8 principales compétitions masculines et féminines, accessibles gratuitement sur l’application, sans abonnement payant (Advanced Television). Selon DAZN, c’est la première fois qu’un seul diffuseur réunit tous les matchs de la Liga Betclic.
Le #56 racontait le 28 septembre que DAZN versait aux Pistons de Detroit, équipe de basket américaine, un minimum garanti, c’est-à-dire une somme versée quelles que soient les recettes, de 1 à 2 millions de dollars par an (0,9 à 1,8 million d’euros), selon le SportsBusiness Journal, et hébergeait leur application. Le #50 écrivait que les détenteurs de droits de second rang avaient trois sorties : brader, se diffuser eux-mêmes ou vendre à un créateur. Le bilan Droits sportifs streaming 2025 rappelait que DAZN perdait historiquement plus d’un milliard de dollars (891 millions d’euros) par an. À mon avis, la gratuité ressemble à la première de ces sorties : DAZN distribue pour rien des droits de second rang qui valent peu ailleurs.
Kuku : 137 millions d’euros de chiffre d’affaires, un profit porté par un crédit d’impôt
Kuku Technologies, société indienne, exploite l’application de micro-séries Kuku TV et la plateforme audio Kuku FM. Elle a déposé ses comptes de l’exercice 2025-2026 (FY26) auprès du registre indien des sociétés. Les montants sont en crores de roupies : un crore vaut 10 millions.
Vertical drama : mesurer avant d’écrire ?
À mon avis, la ligne ne sépare pas les technologues des créatifs : elle sépare ceux qui mesurent avant d’écrire de ceux qui écrivent avant de mesurer. Les cas qui suivent vont dans ce sens.
Le 29 septembre, The Hollywood Reporter annonce que Kristen Brancaccio réalisera son premier long métrage, Crush Party, pour Graviteur Studios, un studio créé en 2026 par deux sociétés de divertissement, Dolphin Entertainment et KYNETIC Media Ventures. Elle a réalisé 21 séries verticales, dont Screen Time, qui a réuni près de 75 millions de vues en une semaine sur TikTok et sur PineDrama, l’application de séries de TikTok. Elle explique que le format apprend à aller vite : « we’re turning out a movie a month », soit un film par mois. L’ordre des décisions est « time, budget, creative », le temps, le budget, puis la création.
Le capital-risque, l’investissement dans de jeunes sociétés, s’intéresse aussi au format : Speedrun, le programme de premiers investissements d’Andreessen Horowitz (a16z), société américaine de capital-risque, a participé en juin au tour de financement de 5,5 millions de dollars (4,9 millions d’euros) d’Idilio, une plateforme latino-américaine de micro-dramas dont le moteur d’intelligence artificielle (IA) promet des séries « 40 fois moins chères », selon le #45. Nous n’avons pas trouvé d’élément montrant que a16z produit des séries : son équipe New Media fabrique en interne des vidéos de lancement pour les sociétés qu’elle finance, en revendiquant des délais que les agences jugent impossibles.
La Dimension Interdite #2 comparait une série de HBO, 200 millions de dollars (178 millions d’euros), 10 épisodes et 6 à 12 mois de production. Elle l’opposait à une série verticale, 80 000 dollars (71 000 €), 100 épisodes et 10 jours. La #3 montrait Holywater qui teste ses idées avec des romans en ligne, ses formats avec l’IA, des saisons à quelques milliers de dollars en deux semaines, puis tourne, et citait la plateforme coréenne Vigloo : 22 épisodes en 8 semaines avec moins de 10 personnes, un coût divisé par 6 et un temps divisé par 3. Mais l’interview de Geoffrey Calhoun, le 22 septembre, montre un scénariste de la chaîne Lifetime qui a préparé sa saison 6 mois, tourné 5 jours pour 10 000 dollars (8 900 €) et choisi un rythme lent. Le taux de « like » de l’épisode 1 est passé de 3,6 % à 5,7 % après un remontage plus lent, une direction que le texte présente comme « pas une preuve ».
Les créatifs qui réussissent dans le format ont adopté la vitesse de test, et la vitesse seule ne remplace pas une écriture quand celle-ci améliore la rétention, c’est-à-dire la part des spectateurs qui continuent de regarder.
Vertical drama : Inde, Chine, Afrique
En Inde, 6 des 12 premières applications gratuites de divertissement du classement AppBrain du 30 septembre, un service qui classe les applications, sont des applications de micro-séries, selon Bollywood Hungama, qui les classe ainsi. VibeShort : AI Short Dramas est numéro 1, devant Netflix et Prime Video. L’interview de Guillaume Sanjorge relevait déjà, selon FICCI-EY, trois applications indiennes parmi les cinq premières en téléchargements vidéo.
Ce que la semaine déplace, et ce qu’elle laisse ouvert
À mon avis, trois mouvements se lisent dans ces faits. Les opérateurs de télécoms deviennent distributeurs de streaming : Vodafone et BT au Royaume-Uni, Free avec la Freebox Ultra en France, MTN avec One TV en Afrique. La mesure s’installe : Kantar chiffre la publicité de trois services en France, HBO Max doit entrer dans Watch, Kuku dépose des comptes. Le capital et les acteurs se déplacent : Paramount et Warner Bros. Discovery fusionnent sous conditions, Kuku prépare une introduction en Bourse après avoir consacré 74,5 % de son chiffre d’affaires au marketing, et le vertical drama attire des investisseurs comme Speedrun. Chez les créateurs, quatre cas vont dans le même sens, Creator Nation financé par Live Nation, Culture Genesis allié à Atlas, Fox et OpenAI : des profils venus de ce monde prennent des postes de décision, avec du capital derrière eux.
Trois points restent ouverts. Le texte de l’accord ne nomme ni HBO Max ni le sport, et la clôture est annoncée pour le 6 octobre. Les 226 millions d’euros de Kantar sont des montants « bruts », c’est-à-dire avant remises : le communiqué ne donne ni le net, ni ce que les plateformes ont encaissé. Le troisième point est celui des créateurs : leur authenticité et leur liberté éditoriale résisteront-elles au capital qui arrive ?
Les conversions en euros utilisent le taux de référence de la Banque centrale européenne (BCE) du 2 octobre 2026, consulté le 3 octobre : 1 € = 1,1225 dollar américain, 0,85033 livre sterling, 108,1245 roupies indiennes et 7,5259 yuans chinois.
Ludovic Bostral. 25 ans de streaming : M6 Replay, Afrostream (Y Combinator S15), Majelan.
Analyste indépendant, fondateur de Streaming Radar.
Newsletter : www.streaming-radar.com
Rapports et données : lens.streaming-radar.com, dont Vertical Invasion 2026
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