Hors-Série : Le quatrième étage. La creator economy française vient de devenir une industrie.
48 heures : Banijay achète un format Squeezie, Samsung TV Plus lance House of Creators, la FFF ouvre sa Ligue 3 aux créateurs. Le quatrième étage audiovisuel.
TL;DR
Mardi 21 avril 2026 : Banijay Entertainment acquiert les droits mondiaux de “Qui réussira à stopper le train” à Squeezie. Vidéo YouTube à 700-800 000€ de budget, 15,4M de vues depuis septembre 2025. Paper format exportable par la plus grosse société de formats au monde (Fort Boyard, Survivor, MasterChef, Big Brother, Koh-Lanta). Le créateur passe auteur de concept.
Mercredi 22 avril 2026 : Full Joy Media lance House of Creators sur Samsung TV Plus France. 11 chaînes, 13 créateurs francophones (L’Atelier de Roxane, Louis-San, Poisson Fécond, Les Gens d’Internet, Morgan VS, Noa, Claire, Liv, DrFeelgood, Tartin, Adem & Bilal). Première chaîne FAST française centrée sur l’économie créateur. Extension été 2026 vers autres CTV et box internet. Playout Amagi.
Même mercredi 22 avril : Alexia Laroche-Joubert (CEO Banijay France) publie sur LinkedIn une analyse de l’appel à projets FFF Ligue 3. L’appel porte sur les droits de diffusion, le naming de la compétition, l’identité visuelle, le trophée et la programmation. La FFF ne vend pas un lot de matchs. Elle cherche un partenaire pour fabriquer un produit média. Laroche-Joubert indique savoir que des créateurs se sont positionnés et lit ce détail comme un signal.
Aux US, Creator TV est déjà une catégorie média formalisée. Spotter, mars 2026 : 6 600 chaînes trackées, 136 milliards de vues, 52% de la consommation sur Connected TV. 3Vision identifie 28 chaînes creator-led sur huit plateformes FAST US. Amazon Prime Video en tête avec 18 chaînes, Samsung TV Plus avec 11.
Le cas Markiplier ferme la démonstration américaine. Iron Lung, sorti le 30 janvier 2026, 3 millions de dollars de budget entièrement autofinancés par Mark Fischbach, plus de 39 millions de dollars de recettes mondiales à ce jour. Écrit, réalisé, joué, monté par le créateur YouTube lui-même. Self-distribution dans 3 000 salles. Ouverture à la deuxième place derrière Sam Raimi. Le créateur produit, distribue, encaisse.
En France, le modèle diffère. Aux US, un créateur égale une chaîne (Mark Rober TV, Dhar Mann TV, MrBeast). En France, 13 créateurs agrégés sous une brand commune. Agrégateur multi-créateurs, pas mono-creator. Trois hypothèses à challenger : audience CTV pas encore prête pour le solo, CPM européen inférieur, et un écosystème de production qui préfère l’absorption des IP par un groupe intégré (Webedia a racheté 51% de PAB Prod à Domingo dès 2022, la marque Popcorn appartient désormais à Webedia) plutôt que la fenêtre FAST exclusive sur plateforme tiers.
Aucun top 7 français ne passe par le FAST. Ni Squeezie, ni Tibo InShape, ni Inoxtag, ni McFly & Carlito, ni Amixem, ni Cyprien, ni Michou. Le FAST creator arrive par le mid-tier. Les stars font Banijay, Disney+, TF1, M6, ou le cinéma. Et Wil Aime vient de teaser un film pour mai 2026.
Le sport a basculé en premier. CazéTV (Mondial FIFA 2026), Zack Nani (Saudi Pro League, Équipe de France Espoirs), Sakor-Solary (Pro A tennis de table via FFTT), Tim Cocker-FR-UK Rugby (Pro D2 pour UK et Irlande), LeBouseuh-Webedia (Fléchettes Cup), Diego Sarthou-Ambission (Crunch Creator, jauge 40 000), Rivenzi et PoneeeyClub titulaires sur France TV Sport 24/7. Sept deals en dix-huit mois. Le basket manque à l’appel.
Le trou basket est le plus visible. La LNB est la fédération la plus précoce sur l’influence (5 Majeur en 2017, sept ans avant tout le monde) mais elle n’a jamais transformé en diffusion créateur. First Team a poussé sur Twitch avec Wembanyama en 2024, record 12 500 viewers sur Cholet-Metropolitans 92, et la LNB a ensuite signé DAZN exclusif jusqu’en 2029. NBA Europe arrive en octobre 2027 avec son propre plan de distribution. La LNB sera spectatrice.
La régie a formalisé le modèle. Nathalie Dinis (FranceTV Publicité) dans The Media Leader le 13 avril 2026 : 90% des opérations spéciales FranceTV Publicité sont incarnées. Stratégie “streaming first” depuis 2019. La bascule n’est pas éditoriale, elle est commerciale.
Ouverture
Je venais de publier le Streaming Radar #38 lundi 20 avril quand le deal Banijay-Squeezie est tombé le lendemain. Paper format mondial, acquisition de concept, exportation 30+ territoires, toute la mécanique qui fait vivre les formats TV depuis trente ans, appliquée pour la première fois à un concept natif YouTube en France. 24 heures après la publication du SR, l’actualité venait confirmer l’angle. Je pensais que c’était la grosse annonce de la semaine.
Douze heures plus tard, Olivier Levard annonçait House of Creators. Première chaîne FAST française centrée économie créateur, 13 noms francophones sur une grille, Samsung TV Plus comme distributeur, Amagi derrière la tuyauterie. La grosse annonce n’était plus la grosse annonce.
Quelques heures après, Alexia Laroche-Joubert publie sur LinkedIn une analyse de l’appel à projets Ligue 3 de la FFF, en confirmant que des créateurs se sont positionnés. Troisième annonce en 48 heures. Paper format international, distribution CTV domestique, fédération sportive nationale. Pas le même marché, pas les mêmes acteurs, pas la même économie. Mais la même catégorie d’interlocuteur côté droit du deal : le créateur.
Ce hors-série est le pas de recul que le SR #38 ne pouvait pas prendre. Ce qui se passe en France depuis dix-huit mois, et que personne n’a encore formalisé publiquement, c’est la naissance d’un quatrième étage audiovisuel. Pas un sous-genre de la télé. Pas un dérivé des réseaux sociaux. Pas un ersatz de SVOD. Un étage à part, avec ses producteurs, ses distributeurs, ses ayants droit, ses formats, ses audiences, ses régies publicitaires. Un étage qui s’est construit sans communiqué commun, sans colloque de branche, sans rapport ARCOM, sans présentation d’analyste. Les fédérations sportives, les plateformes FAST, les producteurs de formats et les régies ne se sont pas synchronisées. Ils ont juste avancé, chacun dans son couloir, dans la même direction.
Je formalise ici. Parce que c’est maintenant que ça s’est installé. Et parce que pendant ce temps, une fédération française rate la marche, et je vais vous dire laquelle.
1. Ce que Spotter a posé aux US en mars 2026
Pour comprendre ce qui se passe en France, il faut d’abord regarder le point de comparaison américain, même si le modèle ne se décalque pas.
J’en avais parlé dans Streaming Radar #36 le 6 avril 2026. Spotter, le fonds d’investissement dédié aux créateurs YouTube (Kevin Hart, MrBeast, Dhar Mann, Dude Perfect dans le portefeuille), a publié en mars 2026 un papier qui pose Creator TV comme catégorie média. 6 600 chaînes créateur identifiées sur février 2026, 136 milliards de vues cumulées, 52% de la consommation sur écran Connected TV. Plus de la moitié du temps passé sur du contenu créateur se regarde désormais sur le canapé, pas sur le smartphone. Au Royaume-Uni, YouTube a dépassé la BBC en reach. La BBC produit du contenu YouTube-first. TF1 est entré sur Netflix début 2026. Le monde change de forme.
En parallèle, 3Vision a publié un FAST Tracker focalisé creator-led aux US. 28 chaînes identifiées sur huit plateformes FAST (Samsung TV Plus, Amazon Prime Video, Pluto TV, LG Channels, Tubi, Rakuten TV, The Roku Channel, Vizio WatchFree+). Amazon Prime Video mène avec 18 chaînes, Samsung TV Plus suit avec 11. Pluto TV plafonne à 2, ce qui confirme que Pluto reste un broadcaster au fond.
Les 28 chaînes US se décomposent en trois familles. Les brands héritées type BuzzFeed Tasty ou Epic Gardening TV, marques média qui ont basculé en FAST. Les creator-led brands type Dhar Mann, Smosh, Donut Media, Mythical Entertainment (Rhett & Link), The Try Guys, Michelle Khare, Dude Perfect avec son propre service streaming dédié lancé via APMC en octobre 2023 (Roku, Samsung, Vizio, Apple TV, Android TV), Ryan and Friends sur Pluto TV côté kids. Format centré créateur, équipe salariée, studio, tournages planifiés. Et enfin les creator individuels type MrBeast, Mark Rober (lancé en novembre 2025 dans 18 pays avec CrunchLabs), LazarBeam, Like Nastya, Ryan Trahan, Sam and Colby, Stokes Twins, The Diary Of A CEO, PrestonPlayz, Zach Sang Show, Gary Vee TV, Sorry Girls TV, Tony Robbins Network.
Hot Ones est un outlier qui mérite d’être nommé précisément pour éviter la surinterprétation. En décembre 2024, First We Feast, le studio qui produit Hot Ones, a été racheté pour 82,5M$ cash à BuzzFeed par un consortium incluant le host Sean Evans lui-même (devenu Chief Creative Officer), le fondateur Chris Schonberger (CEO), Soros Fund Management, Crooked Media et Mythical Entertainment (Tubefilter, Hollywood Reporter, SEC filing BuzzFeed). Le rachat est une conséquence directe du fait que BuzzFeed était vendeur contraint : Hot Ones restait profitable, Sean Evans voulait éviter que l’IP soit bradée ou diluée par un prochain propriétaire désaligné, et le contexte d’une boîte-mère en difficulté financière a créé une fenêtre d’opportunité. Ce n’est pas la règle américaine. C’est un cas particulier qui s’explique par la situation BuzzFeed. La règle américaine reste : le créateur monétise via une chaîne FAST dédiée en fenêtre exclusive plateforme.
Le point qui compte : aux US, un créateur égale une chaîne. Mark Rober a sa chaîne. Dhar Mann a la sienne plus un deal d’original scripted signé avec Samsung TV Plus en septembre 2025 (Samsung Newsroom). MrBeast a la sienne. Zéro agrégation multi-créateurs dominante. Que des individual branded channels avec 70M d’abonnés derrière pour nourrir la grille.
La question aux US est close sur le principe. Creator TV est une catégorie média avec ses propres formats, ses propres KPIs publicitaires, ses propres courbes d’audience. Salek Brodsky (Samsung TV Plus) a résumé la chose dans Stream TV Insider en juillet 2025 : il y a un art de packager la programmation autour des brands créateurs. Le packaging est le métier. Le créateur est la matière première.
Maintenant regardons la France. Spoiler : on ne décalque pas le mono-creator américain. 13 créateurs agrégés sous une brand commune, pas une chaîne par star. Pourquoi ? J’y reviens section 7. Pour l’instant je pose la séquence.
2. Trois annonces en 48 heures qui se parlent sans le vouloir
Squeezie × Banijay
Le 21 avril 2026, Banijay Entertainment acquiert les droits mondiaux de “Qui réussira à stopper le train”. Communiqué repris par The Media Leader FR, Stratégies, Mesinfos. La vidéo originale, 13 septembre 2025, chaîne YouTube de Squeezie (près de 20 millions d’abonnés), 15,4 millions de vues, budget de production estimé entre 700 000 et 800 000 euros, la vidéo la plus chère jamais produite sur la chaîne. James Townley, directeur des contenus de Banijay Entertainment, parle de potentiel grand public mondial.
Ce qui compte ici n’est pas le montant du deal, confidentiel. C’est le mouvement. Banijay détient Koh-Lanta, Fort Boyard, Survivor, Big Brother, MasterChef, Star Academy, tout le portefeuille de formats qui fait tourner les grilles des broadcasters mondiaux depuis 25 ans. C’est la maison Peugeot de la vente de formats, celle qui vend à TF1 comme à la RAI comme à la BBC. Et elle vient d’acheter un concept natif YouTube pour le vendre aux mêmes acheteurs que Fort Boyard. Netflix l’avait fait avec MrBeast en 2024 (Beast Games). Amazon l’avait fait avec Clarkson (The Grand Tour, Clarkson’s Farm). Banijay vient de le faire à la française, ce qui signifie au passage que Squeezie est désormais sur le même radar commercial qu’Alexandre Fauvel.
Le signal culturel importe plus que le cash. Le concept YouTube rentre dans le même catalogue que Fort Boyard. Le créateur devient auteur de format. Quand Banijay valide cette transaction, c’est la maison mère qui adoube la créativité native des plateformes. On ne discute plus de dignité culturelle. On négocie des pourcentages d’exploitation par territoire.
House of Creators × Samsung TV Plus
Le 22 avril au matin, Olivier Levard, président de Full Joy Media, annonce House of Creators sur LinkedIn. Chaîne FAST française 100% YouTubeurs, généraliste et familiale, sur Samsung TV Plus France. Lancement effectif le jour même. Trade couvre tout de suite : Advanced Television, BroadbandTVNews.
Le slate : L’Atelier de Roxane (food, cuisine familiale), Morgan VS (true crime, le plus gros en France sur la catégorie), Louis-San (cuisine japonaise), Poisson Fécond (sciences vulgarisation), Les Gens d’Internet (talk), plus Noa, Claire, Liv, DrFeelgood, Tartin, Adem & Bilal. 11 chaînes, 13 créateurs, une brand. Positionnement assumé : chaîne FAST généraliste familiale, pensée comme une vraie chaîne télé. Food le midi, talk le soir, true crime en seconde partie, jeunesse le mercredi après-midi. C’est une grille, pas une playlist.
Partenaire technique streaming : Amagi, le leader mondial du playout FAST. Équipes Samsung TV Plus France créditées publiquement par Olivier Levard : Antoine Chotard, Clémence Chabrier de Lassaunière, Niamh McGill, Taran Ahluwalia, Matthieu Audineau. Mentors FAST cités : Rodolphe Buet, Camille Dupeuble. Extension prévue été 2026 sur les autres plateformes de TV connectée et certaines box internet.
Ce lancement est la première chaîne FAST française creator-native qui tient l’analyse. Webedia Creators (MGG, Popcorn, AlloCiné, Épicurieux) est sur Samsung TV Plus depuis 2023-2024, mais ce sont des marques média avec des talents associés. Jamy Gourmaud, figure de la télé classique recyclée en YouTube, tient Épicurieux, mais ce n’est pas un creator-native. Mediawan-Endemol via OKAST sur Pluto TV et Samsung TV Plus (Secret Story, À Prendre ou à Laisser, MasterChef, Alerte à Malibu, Génération Sitcom) retraite du catalogue classique. Zylo (Cine Nanar, Ciné Western, Fréquence Novelas, IntoCrime, Scream’IN, Emotion’L) est 100% catalogue, Daniel Harroch assume la comparaison FilmRise dans NPA. Aucune de ces offres ne mettait l’économie créateur au centre. House of Creators inaugure la catégorie.
FFF Ligue 3
Le 22 avril, Alexia Laroche-Joubert, CEO Banijay France et Board Member du groupe Banijay, publie sur LinkedIn une analyse détaillée de l’appel à projets de la FFF pour sa future Ligue 3, compétition issue de la réforme du National. Le post est dense et structuré. Je le paraphrase, parce qu’il résume mieux que moi l’angle que j’essaie de poser ici.
L’appel à projets FFF ne porte pas seulement sur les droits de diffusion. Il porte aussi sur le naming de la compétition, l’identité visuelle, le trophée, et la programmation. La fédération ne vend pas un lot de matchs, elle cherche un partenaire pour construire un produit média. Laroche-Joubert écrit savoir que des créateurs se sont positionnés, et lit ce détail comme un signal. Elle enchaîne en posant l’analyse que je déroule dans ce hors-série : pendant longtemps les créateurs ont servi à amplifier le sport (réactions, formats sociaux, bruit autour des matchs). Aujourd’hui certains franchissent une autre ligne et deviennent distributeurs. Zack Nani rachète les droits Saudi Pro League quand Canal+ renonce. La FFF confie les Espoirs à un acteur du même monde. La Bundesliga envoie ses matchs du vendredi soir chez YouTube au Royaume-Uni. La FIFA confie le Mondial 2026 à CazéTV au Brésil. Dans les trois cas : des droits secondaires, mal valorisés par le marché classique, qui deviennent rentables dans un modèle différent.
Laroche-Joubert ajoute une formule qui pour moi résume la bascule : “Là où le marché voit des petits droits, eux voient un actif d’audience.” C’est ça l’affaire. Un diffuseur classique achète un droit pour en tirer un retour direct (abonnements, publicité). Un créateur achète un droit pour faire croître une audience et la monétiser autrement (pub, sponsoring, formats dérivés, communauté). La valeur se répartit sur ce que le match active autour, pas sur le match lui-même. Le sport ne vaut plus seulement ce qu’il génère en direct, il vaut l’ensemble de l’attention qu’il déclenche.
Traduction côté FFF : la fédération ne cherche pas un diffuseur pour acheter un lot de matchs. Elle cherche une équipe pour fabriquer une compétition de zéro. Si un créateur rejoint l’équipe gagnante, plus probablement qu’il la gagne seul, on sort de la logique Zack Nani-Saudi Pro League (rachat de droits dont plus personne ne veut) pour entrer en logique auteur de compétition : le partenaire est associé dès le moment où la ligue se dessine. C’est un précédent. Le fait qu’une CEO de grande maison de production française signe publiquement cette analyse sur LinkedIn le même jour où Banijay rachète un format Squeezie n’est pas un hasard de calendrier. C’est le signal que l’industrie au sens strict, les patrons de studios de formats, les directeurs de contenu, les board members de groupes cotés, ont pris position et l’assument publiquement.
3. Le sport a basculé en premier. Sept deals en dix-huit mois.
House of Creators et Banijay-Squeezie ne tombent pas du ciel. Ils atterrissent sur un terrain préparé depuis dix-huit mois, principalement par le sport. Les fédérations sportives françaises et internationales ont compris avant tout le monde que certaines audiences ne rentraient plus dans le modèle économique de la télé payante classique. Sept deals structurants sont passés en dix-huit mois, documentés dans le hors-série droits sportifs de décembre 2025 et dans SR #22 (27 octobre 2025). Je les rappelle parce que c’est le sous-bassement du quatrième étage.
Juillet 2025, la FIFA confie à CazéTV (Casimiro Miguel, LiveMode) la diffusion intégrale des 104 matchs de la Coupe du Monde 2026 au Brésil. Un streamer devient diffuseur officiel d’un Mondial FIFA. Août 2025, Canal+ renonce à la Saudi Pro League pour audiences insuffisantes. Zack Nani rachète les droits via sa société Zack Nani Prod, diffusion gratuite sur Twitch et YouTube avec jusqu’à trois matchs par semaine, démarrage 19 août 2025. Premier streamer européen diffuseur officiel d’une ligue pro. Le même mois, la Bundesliga casse son exclu Sky au Royaume-Uni et répartit ses droits entre plusieurs partenaires : BBC iPlayer récupère les matchs du vendredi soir en clair, les chaînes YouTube The Overlap (Gary Neville, Roy Keane, Ian Wright, 1,5M d’abonnés) et That’s Football (Mark Goldbridge, 1,3M d’abonnés) diffusent chacune 20 matchs du vendredi soir en simultané, Prime Video garde les matchs du dimanche en pay-per-view à 2,49£ l’unité, Sky Sports ne conserve que le match premium du samedi soir à 17h30. Première mondiale pour une ligue majeure sur le volet créateurs.
Et détail souvent oublié dans la discussion française sur la Pro D2 : en mai 2025, Tim Cocker, animateur britannique du podcast YouTube EggChasers Rugby et ancien présentateur BT Sport et Virgin Radio, a racheté directement à la Ligue Nationale de Rugby les droits exclusifs UK et Irlande de la Pro D2 française. Signature personnelle, mortgage-sized risk selon ses propres termes, équipe de quatre (Cocker au micro, Joe Worsley ex-international England et coach Brive en co-commentaire, Dougie Andrews ex-BT Sport à la production, James Lewis exec producer Sky Sports sur les British & Irish Lions). Chaîne dédiée FR-UK Rugby, lancée avec cinq play-offs en fin de saison 2024-25 puis 35 matchs de saison 2025-26 à partir du 29 août 2025, diffusion gratuite sur YouTube, monétisation via la revenue share YouTube plus sponsors. Contexte déclencheur : Courtney Lawes signe à Brive, George North à Provence, Jonny May à Soyaux-Angoulême, tous en Pro D2 et fortement mal-desservis par les diffuseurs UK traditionnels. Un deuxième signal que certaines fédérations européennes préfèrent désormais un créateur passionné à un broadcast partner qui laisserait les droits dormir. Sources : Broadcast, Planet Rugby, SVG Europe, Awful Announcing.
Octobre 2025, la FFF confie à Zack Nani la diffusion des matchs de l’Équipe de France Espoirs jusqu’à l’Euro 2027 sur YouTube, Twitch et Free. C’est la première fédération sportive française à formaliser un deal créateur-diffuseur sur des équipes officielles. Décembre 2025, la FFTT officialise un partenariat non-exclusif avec Solary pour la Pro A de tennis de table Dames et Messieurs. Diffusion sur twitch.tv/sakor, démarrage 16 décembre 2025. Premier pont esport-sport traditionnel sur une fédération française. Sakor, qui est le CEO de Solary, commente lui-même les matchs.
Puis l’événementiel accélère début 2026. Diego Sarthou (Djayson Karavane) annonce le Crunch Creator pour le 23 mai 2026. Stade Atlantique Bordeaux Métropole, jauge de 40 000 places, 20 000 billets vendus en deux heures dès l’ouverture de la billetterie le 19 février, 32 000 places écoulées en quelques semaines. Format rugby à X, trois mi-temps de 20 minutes, dix joueurs par équipe. Co-diffusion Twitch (chaîne Diego Sarthou) et Canal+ en France, RugbyPass TV à l’international. La Marine Nationale recrute, partenaire officiel. Coaching par Thierry Dusautoir, Laurent Ferrères et Cédric Heymans. Production par l’agence bordelaise Ambission (Brice Beignon) et Côte Ouest (groupe Sud Ouest). En parallèle, LeBouseuh et Webedia Creators montent la Fléchettes Cup pour le 16 mai 2026. Casino Barrière de Lille, 1 000 spectateurs, sponsor principal Capri-Sun Électrolytes plus Garnier plus Agence de la Biomédecine, commentaires Thibault Tricole (pro PDC) et PoneeeyClub (streamer), animation Doigby, casting sept duos dont LeBouseuh-La Boiserie, Inoxtag-Anyme, Natoo-Gaëlle Garcia Diaz, Domingo-Xari, Nico-ByIlhan, Valouz-Dobby, Elian-Raska. Captation IDZ Prod, événementiel Elephant live-Webedia Event.
Le pattern est clair. Quand le sport ne rentre plus dans le modèle télé payante classique, soit parce que l’audience est insuffisante, soit parce que les droits sont trop chers, soit parce qu’il n’existe aucun diffuseur linéaire pour la discipline (fléchettes, rugby à X créé ex nihilo), la fédération intelligente se tourne vers un créateur ou un producteur créateur. Et ça va vite. Canal+ et beIN Sports sont, dans le meilleur des cas, co-diffuseurs. Dans le pire, absents.
4. Le service public a pris l’avance. Dans son coin. Sans communiqué.
Pendant que le sport bougeait, France Télévisions construisait la mécanique la plus sophistiquée du paysage, en silence.
Le 4 février 2026, lancement de la chaîne numérique France TV Sport 24/7 sur france.tv. 2 000 heures de direct prévues pour 2026, disponibilité jusqu’aux Jeux des Alpes 2030, couverture Milano Cortina puis Six Nations, Roland-Garros, Tour de France, Coupe de France. Animateurs titulaires : Alizé Lim (ex-tennis pro, figure média France TV), Rivenzi (streamer), PoneeeyClub (streamer rugby, Aymeric Milan), Pauline Bouic, Inès Hirigoyen, Maxine Eouzan. Sur six animateurs, deux viennent de Twitch. Ce ne sont pas des invités ponctuels, ils ne passent pas une fois en bord de terrain pour faire djeun. Ils sont titulaires récurrents d’une chaîne linéaire du service public.
Le 13 avril 2026, The Media Leader publie l’interview conjointe de Rivenzi et Nathalie Dinis, DGA Commerce de FranceTV Publicité, en marge du Future of TV Advertising Paris. Papier signé Vincent Thobel. C’est la pièce clé du dossier commercial français.
Nathalie Dinis y pose la stratégie : streaming first depuis 2019, accélérée depuis 2024. France.tv sorti sur Amazon Prime Video en juin 2025 (présenté comme première mondiale pour un service public européen), renforcement YouTube, laboratoire jeunes sur France TV Slash. Chaîne France TV Sport positionnée pour tenir jusqu’en 2030. Et le chiffre qui m’a fait arrêter de scroller : 90% des opérations spéciales FranceTV Publicité sont aujourd’hui incarnées par des visages d’antenne ou des créateurs. 90%. Pas 15, pas 30, pas 50. Quatre-vingt-dix.
C’est le signal que la bascule n’est pas une mode éditoriale, elle est devenue commerciale. La régie publicitaire d’un broadcaster public, celle qui vend à Renault, à EDF, à La Poste, à AXA, a basculé son offre sur l’incarnation créateur. Les marques corporate qui veulent du brand safe et de la cible jeune n’ont plus tellement d’autre choix que de passer par des dispositifs incarnés. Et FranceTV Publicité est seule à les vendre à cette échelle. Les régies privées suivront. Question de mois, pas de philosophie.
Rivenzi, en face, cadre son propre rôle sans forcer. Il n’est pas là pour faire “Rivenzi sur France TV”. Il apporte la culture du chat live, l’interaction conversationnelle, la capacité à faire vivre les temps morts autrement. France TV apporte les droits, les images, la production. Lui apporte la conversation. L’asymétrie est le sujet. Il ne pourra jamais acheter les droits olympiques. France TV les a. L’intérêt est justement dans le delta entre les deux.
Ce modèle n’est pas tombé du ciel en février 2026. Il a été testé. “Aux Jeux Streamers !“ le 27 avril 2024 à Paris La Défense Arena avec ZeratoR et Samuel Étienne aux commandes, Cécile Grès en plateau, Sami El Gueddari, Raphäl Yem et Joueur du Grenier en bord de terrain, co-production Webedia, 32 participants répartis en 8 équipes de 4 dont Domingo, JujuFitcats, Shayvibes, CyrilMP4, Mélanie Buffetaud, Brawks côté streamers et Mohamed Bouhafsi, Laury Thilleman, Marie-José Pérec, Stéphane Diagana côté France Télévisions. Diffusion live sur france.tv et Twitch de ZeratoR. Diffusion GP Explorer 3 sur France 2 et France 4 en octobre 2025, avec Rivenzi au volant, interviewé par ISG Sport Business. Paris 2024, Roland-Garros 2025, GP Explorer 3, Milano Cortina 2026 : quatre marches, et un modèle qui tient.
Le même apprentissage est visible côté FFR. Chaîne France Rugby Twitch officielle depuis 2022, plateau avec Zack Nani dès le France-Italie du 6 Nations (SportBuzzBusiness, 43 000 vues en 24h). Aujourd’hui, animateurs permanents Rivenzi, PoneeeyClub et Nogodi (Noé Godignon, ex-joueur de Brive, partenaire Century 21 qui est partenaire officiel du XV de France). Le rugby tient.
Le ping tient. Les fléchettes tiennent. Le foot des Espoirs tient. Le service public tient. Et pourtant, un sport majeur français rate la marche. C’est celui dont on ne parle pas.
5. Le trou. La LNB, le basket et NBA Europe.
Pendant que les autres fédérations installent leurs dispositifs créateurs, la Ligue Nationale de Basket tourne en rond sur son contrat de diffusion depuis huit ans. Et c’est d’autant plus frustrant que c’est elle qui avait compris en premier.
2017, la LNB lance le “5 Majeur LNB”, première équipe d’influenceurs affiliée à une fédération sportive française. Baptiste Lecaplain, Léa François, Jaymax, Yann-CodJordan, Sébastien-Abdelhamid. Sept ans avant le dispositif FFR-Twitch, huit ans avant le deal Zack Nani-Espoirs. Alain Béral, président de la LNB à l’époque, déclare dans un communiqué de rentrée 2017 que le basket se prête vraiment à la consommation digitale. Il a raison. Il a raison dix ans trop tôt.
Sauf que le 5 Majeur LNB, c’est un programme de relais sur réseaux sociaux. Pas un dispositif de diffusion. Les cinq influenceurs sont présents aux matchs, au All Star Game, à la Leaders Cup, et postent. Ils ne commentent pas, ils ne diffusent pas, ils n’animent pas de plateau live. La LNB a compris l’audience, elle n’a pas compris la distribution.
Pendant ce temps, First Team, média basket fondé vers 2016 par Erwan Abautret, Thomas Dufant et Stephen Brun et représenté par l’agence /influx, construit dans son coin une antenne créateur basket sérieuse. Émission mensuelle “LNB Club” sur YouTube à partir de 2022. Couverture de la Copa del Rey espagnole en exclu Twitch et YouTube en 2024. Lancement de MCS Basket, plateforme 100% basket européen (EuroLeague, EuroCup, 3x3 FIBA, championnats nationaux) pour laquelle l’équipe First Team assure le commentaire. Et surtout, mars 2024, First Team obtient de la LNB la diffusion de quatre matchs des Metropolitans 92 sur Twitch. Cholet-Metropolitans 92, tir au buzzer de Dominic Artis, record d’audience 12 500 viewers simultanés. Samsung Electronics France et Webedia accompagnent. Le modèle fonctionne. Le moment est parfait : Victor Wembanyama joue encore en France, le basket français est à son pic de hype olympique pré-Paris 2024.
Et là, la LNB fait le choix inverse. Elle signe DAZN exclusif jusqu’en 2029. Cinq ans de verrouillage. La chaîne L’Équipe garde un match gratuit le dimanche à 19h dans le cadre d’un accord avec DAZN. C’est tout. First Team diffuse toujours, mais sur des compétitions européennes, pas sur la Betclic Élite. La LNB a choisi le streaming sport payant classique. Elle a choisi le même modèle que celui qui a cramé Skweek six mois plus tôt.
Le problème n’est pas DAZN en tant que tel. DAZN paye, produit bien, couvre le championnat en entier, et le contrat rapporte à la LNB plus que Skweek. Le problème est que la LNB a eu le bon diagnostic en 2017, le bon test en 2024 avec First Team, et qu’elle s’est réfugiée dans un contrat de diffuseur payant classique au moment précis où toutes les autres fédérations basculaient vers le creator model. Elle a choisi la stabilité de court terme contre l’innovation.
Et le timing empire. Décembre 2025, la NBA et la FIBA officialisent la création de NBA Europe. Lancement octobre 2027. 12 équipes permanentes plus 4 places qualifiées. Licences franchise entre 300 et 500M$. Paris et Lyon cités parmi les franchises pressenties, au même titre que Londres, Manchester, Madrid, Barcelone, Rome, Milan, Munich, Berlin, Athènes, Istanbul. Board of Governors NBA du 25 mars 2026 : mise à jour présentée, offres phase 1 attendues le 31 mars. Les finalistes de la Basketball Champions League FIBA 2026-27 obtiennent une place en NBA Europe inaugurale.
Traduction : en octobre 2027, le meilleur basket européen se jouera sur un format NBA, avec des franchises nouvelles, une grille calquée sur la NBA, et un plan de distribution qui sera négocié directement entre la ligue, les équipes et les broadcasters mondiaux. La NBA détient 50% du projet. La FIBA pilote la gouvernance européenne. La Betclic Élite, elle, reste dans son contrat DAZN jusqu’en 2029, avec un dimanche en clair sur L’Équipe. Le basket français produit les meilleurs joueurs européens de la génération 2004-2010, de Wembanyama à Risacher en passant par Coulibaly et Sarr. C’est le deuxième sport français pourvoyeur de la NBA après le foot par ratio d’habitants. Et le championnat qui forme ces joueurs n’a aucune antenne créateur structurée. Zéro Zack Nani du basket. Zéro Sakor du basket. Juste un “5 Majeur LNB” fossilisé depuis 2019 et un partenariat First Team laissé sur le bord de la route.
Ce qui manque à la LNB aujourd’hui n’est pas une audience. L’audience existe. Elle est chez First Team, chez Dr. Clutch, chez Hoopsidia, chez Trash Talk, chez les streamers NBA qui commentent en français tous les matchs. Ce qui manque est le courage d’aller les chercher contractuellement pendant qu’il y a encore une marge de manœuvre avant NBA Europe. En septembre 2027, la LNB sera une fédération nationale comparable à la Pro League belge foot : elle existe, elle a son public, mais elle n’est plus le premier rendez-vous basket du continent. Et elle n’aura construit aucune alternative.
Je prends un pari secondaire. D’ici fin 2026, First Team, Hoopsidia, Dr. Clutch ou un nouvel entrant seront signés par une franchise NBA Europe française (Paris Basketball, ASVEL, Monaco si elle bascule) pour produire ses contenus officiels et co-animer ses soirs de match. Pas par la LNB. Par les clubs. Le quatrième étage se construira autour de la LNB, pas avec elle. C’est la même trajectoire qu’a prise Canal+ avec le foot français : la Ligue 1 en sort progressivement, DAZN et les plateformes internationales captent l’audience, et le diffuseur historique devient un joueur parmi d’autres. Pour le basket, la LNB risque de ne plus être dans le tableau du tout.
6. Les producteurs font le métier. Et c’est le Nouvel Hollywood, pas la Nouvelle Vague.
Pourquoi la FFTT réussit là où la LNB échoue ? Parce qu’il y a un producteur derrière. C’est ce qui change tout, et c’est ce qui rend le quatrième étage solide.
Ce n’est pas le créateur pris seul qui porte l’édifice. C’est l’apparition d’agences spécialisées qui savent parler les deux langues : celle des créateurs et celle de la production broadcast. Webedia Creators sur Samsung TV Plus depuis 2023-2024, signature de Kameto en février 2026 (SR #30), production industrielle de la Fléchettes Cup en mai 2026 (IDZ captation, Elephant Live événementiel, packaging complet). Full Joy Media d’Olivier Levard sur House of Creators. Ambission de Brice Beignon côté marketing sport influence (Nogodi-Century 21, Crunch Creator, accompagnement Zack Nani). Solary de Sakor côté esport-sport traditionnel. Zack Nani Prod en structure propriétaire. Banijay Entertainment qui ouvre son catalogue aux concepts creator. LiveMode au Brésil côté FIFA-CazéTV, DFL côté Bundesliga-YouTube UK.
C’est ici que la comparaison avec l’histoire du cinéma aide à comprendre ce qui se passe vraiment.
Les créateurs isolés sur YouTube, c’est la Nouvelle Vague. Godard et Truffaut avec la caméra portée, le budget des Cahiers du Cinéma, l’auteur qui fait tout, le DIY absolu, l’œil génial sans l’industrie derrière. Respectable, artistique, culte. Mais pas scalable. La Nouvelle Vague a fabriqué des chefs-d’œuvre avec douze personnes sur un plateau et une caméra d’occasion. Elle n’a pas produit un modèle industriel exportable. Le créateur YouTube qui tourne tout seul dans son appartement, c’est ça. Respectable, direct, puissant par la proximité, mais non scalable au-delà d’un certain seuil.
Ce qui se construit en France en 2026, ce n’est pas la Nouvelle Vague. C’est le Nouvel Hollywood. Les années 70, quand les studios classiques (MGM, Paramount, Warner, United Artists) ont compris que leurs westerns et leurs comédies musicales ne marchaient plus, et qu’ils ont embauché Coppola, Scorsese, Altman, Friedkin, Lucas, Spielberg, Polanski. Les studios n’ont pas disparu. Ils ont changé leur fournisseur de cerveaux. Ils ont gardé leur infrastructure (distribution, marketing, production exécutive, droits) et ont confié le contenu à une nouvelle génération d’auteurs issus du cinéma indépendant. Résultat : Apocalypse Now, Taxi Driver, Le Parrain, Les Dents de la Mer, Star Wars, Chinatown. La machine a continué de tourner, avec un autre carburant.
Le cas Markiplier ferme la démonstration américaine
Si on cherchait la version la plus aboutie du modèle aux US, elle s’appelle Iron Lung. Sorti le 30 janvier 2026, écrit, réalisé, joué, monté par Mark Fischbach, alias Markiplier, créateur YouTube aux 38 millions d’abonnés. Budget de production autofinancé intégralement par le créateur lui-même : 3 millions de dollars selon Variety et la presse spécialisée, autour de 4 millions selon les propres déclarations de Fischbach en podcast. Tournage à Troublemaker Studios à Austin, le studio de Robert Rodriguez, sur 35 jours. Directeur de la photographie Philip Roy, équipe de soixante personnes, caméras Red V-Raptor, lentilles vintage Minolta Rokkor rehousées par Ancient Optics, post-production DaVinci Resolve en collaboration avec TBD Post.
Ouverture à 3 015 salles aux États-Unis et au Canada. Deuxième place du box office derrière Sam Raimi (Send Help) pour le premier week-end. 17,8 millions de dollars domestic sur le premier week-end, 21,7 millions globalement. Franchissement de la barre des 30 millions domestic en dix jours. Plus de 39 millions de dollars de recettes mondiales à ce jour selon les rapports consolidés, une poignée de millions sous la barre des 50 millions selon Collider. Et surtout, un modèle de distribution bizarre pour Hollywood : Markiplier a refusé l’aide de studios majeurs, a négocié directement avec les exploitants, a self-distribué dans 3 000 salles, et a gardé le partage 50-50 classique avec les cinémas. Le créateur produit, distribue, encaisse. Zéro Disney au milieu.
Ce n’est pas la Nouvelle Vague. Mark Fischbach n’a pas tourné tout seul dans son garage. Il a loué un studio professionnel, engagé un DP confirmé qui venait de Rooster Teeth, utilisé l’équipement haut de gamme, monté le film dans une équipe éditoriale collaborative sur DaVinci Resolve. C’est un tournage de long-métrage américain classique, sauf que le mec derrière la caméra est aussi son propre producteur, son propre distributeur, et qu’il encaisse le partage salles sans Disney au milieu. C’est le Nouvel Hollywood poussé un cran plus loin que dans les années 70 : les réalisateurs indépendants d’autrefois avaient besoin des studios pour distribuer, Markiplier non.
La France n’en est pas là. Pas encore. Mais les briques se posent. Banijay avec Squeezie sur le paper format mondial. Webedia Creators avec LeBouseuh sur la Fléchettes Cup. Full Joy Media avec L’Atelier de Roxane sur le FAST. Ambission avec Diego Sarthou sur l’événementiel rugby. La maison de production historique, ou la nouvelle agence spécialisée, récupère le créateur, lui donne une production exécutive, un plateau, un sponsor, une distribution, et ressort un produit calibré pour le marché broadcast, FAST ou salle. L’auteur reste auteur. Le studio redevient studio. Ce n’est pas un retour à l’artisanat. C’est une industrialisation du créateur sous pilotage producteur. Le savoir-faire remonte du terrain vers les bureaux, et les bureaux remettent les moyens sur la table.
Et le cinéma français ?
La voie Markiplier reste partiellement ouverte côté français, et Wil Aime vient de poser le pied dessus. Le 19-20 avril 2026, Wil Aime tease un film pour mai 2026, après sept ans de silence public. Vidéaste français des années Facebook-YouTube (Comment sortir de la Friendzone, Le Gendre Idéal, Death Note, L’art de la tromperie), il reprend la parole avec l’annonce d’une sortie en salles. Au moment de publier ce texte, ni le titre officiel du film, ni son studio, ni son distributeur, ni son budget ne sont publics. Le teaser suggère un projet fortement auto-porté, à la main, dans la continuité de son œuvre courte Facebook. Ce pourrait être le premier Markiplier français s’il est effectivement autofinancé et self-distribué. Ce pourrait aussi être un film de producteur classique vendu comme un projet créateur. On saura en mai.
Les jalons français existants vers la salle ne sont pas des longs métrages de fiction au sens classique, il faut être précis. Inoxtag a sorti Kaizen le 13 septembre 2024 en avant-première cinéma d’une journée (France, Belgique, Québec, Maroc), 340 000 spectateurs en salle sous visa de séances exceptionnelles CNC, mise en ligne YouTube dès le 14 septembre, diffusion TF1 le 8 octobre 2024, arrivée sur Disney+ le 21 mai 2025 via un accord avec Webedia. 43 à 44 millions de vues cumulées sur YouTube, vidéo la plus vue en France en 2024 toutes plateformes. Michou a projeté son premier épisode de la série YouTube Terminal en avant-première dans plus de 500 salles MK2 les 5 et 6 septembre 2025, 16 créateurs, budget au-delà du million d’euros, mise en ligne YouTube le 7 septembre 2025 avec 5 millions de vues en une semaine, mais il s’agit d’une série YouTube avec fenêtre cinéma, pas d’un film de cinéma. Côté McFly et Carlito, le projet Feuilleman est en cours de fabrication avec Pierre Niney à la réalisation, annoncé dans le slate des Originals Prime Video, sans date de sortie ferme au moment où j’écris. Ce sera un Prime Video Original, pas une sortie cinéma.
Aucun de ces précédents n’est une épure Markiplier : un créateur qui écrit, réalise, joue, monte, autofinance et self-distribue un long métrage de fiction en salle. Kaizen est un documentaire produit et distribué selon un modèle hybride YouTube-broadcast-SVOD. Terminal est une série YouTube à budget élevé avec fenêtre salle. Feuilleman est un projet Prime Video avec Niney à la réalisation. Wil Aime, si la structuration de son projet se confirme en fiction cinéma auto-portée, serait le premier à tenter l’épure complète en France. Une précaution : tant que studio, distributeur et format ne sont pas publics, l’assertion reste à vérifier le jour de la sortie.
Le parallèle américain le plus intéressant pour ce qui vient n’est pas Markiplier mais Kane Parsons, alias Kane Pixels. Créateur YouTube natif de la web-série The Backrooms, il a co-produit avec A24 le long-métrage Backrooms qui sort en salles le 17 juin 2026. Chiwetel Ejiofor, Renate Reinsve, Mark Duplass au casting. Un créateur 100% natif YouTube dans une production A24 premium : c’est l’exact équivalent créateur-auteur pour les studios, qui complète Markiplier pour les studios sans studio. Deux voies américaines, chacune tenable, chacune rentable.
La France n’a encore ni la première, ni la seconde, formalisée. Wil Aime en mai va donner un premier signal.
7. Pourquoi la France ne décalque pas le mono-creator américain
Un créateur égale une chaîne aux US. 13 créateurs égalent une chaîne en France. Ce n’est pas un retard français, c’est une structure de marché différente. Trois raisons.
La première est l’audience. Un créateur français à 10 millions d’abonnés YouTube a moins de watch-time exploitable en grille linéaire qu’un Mark Rober à 71 millions. Une chaîne FAST mono-creator doit amortir un coût fixe (programmation 24/7, habillage, playout, droits secondaires, EPG). Si la consommation sur Samsung TV Plus France n’est pas encore au seuil requis, le mono-creator solo n’est pas rentable. Mutualiser 11 chaînes sous une brand dilue le risque éditorial, couvre plus de cibles, et tient en attendant que l’audience rattrape.
La deuxième est le CPM. Le CPM européen, France en particulier, reste structurellement plus bas que le CPM américain, d’un facteur estimé entre deux et trois selon les cibles dans les études IAB Europe. Une chaîne FAST solo se finance sur le CPM pub. Si le CPM divise par deux ou plus, l’amortissement solo est marginal. Agréger mutualise l’inventaire pub et permet d’atteindre le seuil. C’est la même logique qui fait préférer les émissions de flux aux séries originales sur les grilles françaises depuis trente ans : MasterChef, Top Chef, Lego Masters plutôt que Ozark ou Succession maison. Les producteurs français savent fabriquer du flux rentable à petit budget. Ils transposent la méthode au creator.
La troisième n’est pas ce qu’on croit. On a tendance à raconter que les Américains cèdent volontiers leur IP aux plateformes pendant que les Français y resteraient viscéralement attachés. C’est faux. En France, Domingo a vendu 51% de sa société de production PAB Prod à Webedia dès 2022, opération restée confidentielle jusqu’à ce qu’il l’annonce lui-même le 4 mars 2026 dans Zack en Roue Libre saison 9 épisode 17. La marque Popcorn a été enregistrée à l’INPI par PAB Prod le 3 février 2021, donc elle appartient aujourd’hui à Webedia, pas à Domingo. Domingo reste animateur et pilote éditorial du talk-show, mais l’IP est sortie de son patrimoine personnel. À la sortie de son cycle de transition de trois ans début 2025, il a gardé son image et son rôle, pas sa propriété (Stéphane Larue, 7 mars 2026, société.com SIREN 880430905 avec Webedia désormais président). C’est exactement ce que fait un Mark Rober ou un Dhar Mann aux US quand il signe avec Samsung TV Plus. La différence structurelle n’est donc pas sur la propriété. Elle est sur le format de grille : aux US le modèle dominant est mono-créateur (une chaîne par star), en France on teste d’abord l’agrégation multi-créateur (13 créateurs sous une brand commune, House of Creators). L’autre différence est sur le type de deal avec distributeur : Sakor-FFTT est non-exclusif, Zack Nani garde ses streams propres hors Saudi Pro League, House of Creators paraît vendre une fenêtre partagée. Les créateurs français veulent encore souvent garder YouTube comme hub propriétaire et prêter une fenêtre FAST à côté, plutôt que céder le catalogue complet à une plateforme tiers. Mais cela coexiste avec des cas de cession complète à un groupe média intégré (PAB Prod → Webedia). Les deux modèles existent sur les deux continents. La tendance dominante actuelle diffère, pas le répertoire des options.
8. Ce qu’est le quatrième étage
Revenons à la thèse. Ce qui se matérialise en France en 2026 est un quatrième étage audiovisuel, distinct des trois autres qu’on connaît depuis longtemps.
Le premier étage est le broadcast linéaire classique. TF1, M6, France Télévisions, Canal+, C8, RMC Story, RMC Découverte. Droits premium sport, fictions, info, flux. Audience globale en déclin, mais reste la plus grosse audience instantanée sur les grands rendez-vous. Canal+ garde le Top 14, la Ligue 1, la Champions League partielle.
Le deuxième étage est la SVOD premium. Netflix, Disney+, Prime Video, Max, Apple TV+. Fiction internationale à gros budget, documentaire événementiel (Kaizen d’Inoxtag arrivé sur Disney+ le 21 mai 2025 après sa fenêtre TF1 d’octobre 2024), séries longues. Payant, catalogue propriétaire, production industrielle.
Le troisième étage est le social media propriétaire. YouTube, TikTok, Instagram, Twitch. Hub natif du créateur, monétisation AdSense plus sponsoring plus merchandising plus abonnements directs (memberships, Twitch subs). Le “holy grail” de la creator economy indépendante, celui qui paie les factures des Squeezie, Tibo InShape, Inoxtag, Michou, qui financent tout le reste depuis là.
Le quatrième étage, c’est du contenu créateur qui passe par les tuyaux classiques du broadcast, en gardant sa grammaire propre. Concrètement : une chaîne FAST agrégée (House of Creators), des événements créateur produits industriellement (Crunch Creator, Fléchettes Cup, GP Explorer), un paper format mondial (Squeezie-Banijay), du sport diffusé par un créateur (Zack Nani-Saudi Pro League, Sakor-FFTT), de la co-animation sur le service public (Rivenzi-PoneeeyClub sur France TV Sport), une compétition construite main dans la main entre une fédération et un créateur (FFF Ligue 3, si ça se confirme), et un long-métrage cinéma creator-driven (Markiplier-Iron Lung aux US, Wil Aime en test français en mai, Kane Parsons chez A24 en juin).
Ce quatrième étage cohabite avec les trois autres. Il ne remplace personne. Il occupe les créneaux que les autres valorisent mal. Les droits sportifs secondaires. L’événementiel jeune. Les formats natifs YouTube exportables. La distribution FAST mid-tier. Le cinéma d’auteur à petit budget. Et chaque autre étage y joue un rôle. TF1 distribue Kaizen, Canal+ co-diffuse le Crunch Creator, Samsung TV Plus distribue House of Creators, Banijay vend Stop the Train, les cinémas projettent Iron Lung. Ce n’est pas un affrontement. C’est une répartition qui se négocie.
Le quatrième étage a désormais son métier complet : des créateurs qui écrivent, animent, diffusent, des producteurs qui packagent (Webedia Creators, Full Joy Media, Ambission, Solary, Zack Nani Prod, Banijay, A24 côté américain), des distributeurs qui hébergent (Samsung TV Plus, france.tv, Twitch, Freebox, YouTube, et les cinémas pour Markiplier), des ayants droit qui monétisent, et une régie publicitaire qui a déjà commencé à vendre tout ça (FranceTV Publicité, 90% d’ops incarnées, pendant que les régies privées regardent). Ça, c’est nouveau.
Cette articulation n’existait pas il y a dix-huit mois. Elle existe aujourd’hui. Et elle va prendre quelques claques avant de se stabiliser. Le Nouvel Hollywood des années 70 a fini absorbé par les conglomérats médias des années 80. Je regarderai qui rachète qui dans les trois ans.
9. Ce que ça change côté pub, régulation, et bureaux
Quelques points pour ceux qui vont devoir mettre tout ça en musique.
Côté régie publicitaire, FranceTV Publicité a pris dix-huit mois d’avance sur les privés. 90% d’ops spéciales incarnées, c’est le signal que la bascule est commerciale, pas éditoriale. TF1 Pub, M6 Publicité, Prisma Media Sales, Webedia Publishing vont devoir suivre. Les outils différenciants existent déjà, comme le CoverPlay CTV FranceTV Pub inauguré par EDF en avril 2026. L’argument brand safe incarné est probablement ce qui fait préférer France TV à YouTube pour une marque corporate type La Banque Postale, Mutuelle Générale, Carrefour ou Enedis.
Côté régulation, ni l’ARCOM ni personne n’a publié de cadre doctrinal sur l’articulation fédération-créateur-diffuseur-producteur. Les règles CNC (cinéma), SMAD (plateformes audiovisuelles), CSA-ARCOM (antennes broadcast) ne couvrent pas nativement la Fléchettes Cup, le Crunch Creator, House of Creators, ou Zack Nani-Équipe de France Espoirs. Personne n’a encore réfléchi au sujet publiquement, et il faudra s’y mettre. À surveiller : toute consultation ARCOM 2026 sur le statut des opérations créateur en infra broadcast, et les arbitrages qui émergeront sur la qualification SMAD d’une chaîne FAST creator-agrégée comme House of Creators.
Côté droit d’auteur, le deal Squeezie-Banijay pose une question nouvelle. Un format TV créé sur YouTube à 800K€ de budget, cédé pour exploitation mondiale, relève de quel régime ? Y a-t-il un accord SACD-like pour les concepts YouTube industriels ? Pas vu, pas trouvé dans le cadre actuel. À creuser avant que les cas se multiplient.
Enfin, le rapport ARCOM Tendances Audio-Vidéo 2026 publié en avril 2026 documente la progression CTV dans les foyers français et confirme que YouTube est un réflexe TV pour un tiers des moins de 25 ans. C’est le chiffre à brandir la prochaine fois qu’un directeur de la stratégie vous explique que la télé linéaire va bien, merci.
Ce que je surveille maintenant
Une semaine ne fait pas une industrie. Mais 48 heures qui ajoutent Squeezie-Banijay, House of Creators et FFF Ligue 3 à dix-huit mois de construction sport et service public posent une continuité qui n’est plus hypothétique. Le quatrième étage n’est plus une prédiction, il est en phase d’installation. Il n’est pas symétrique au modèle US, et c’est précisément ce qui le rend intéressant à analyser. La France ne singe pas, elle fabrique une variante, à la française, avec producteurs au milieu, agrégation multi-creator, deals distributeur non-exclusifs sur les fenêtres FAST, absorption interne des IP dans les groupes de production (Webedia qui rachète PAB Prod, Banijay qui achète Stop the Train), et un service public qui joue un rôle de formation d’infrastructure qui n’existe dans aucun autre pays occidental.
Spotter a posé Creator TV aux US en mars 2026. Markiplier a livré l’épure production-distribution avec Iron Lung en janvier. En France, en avril 2026, personne n’a encore formalisé de papier équivalent. Ce texte est à ma connaissance le premier qui pose la thèse des quatre étages. Challengez-la, contestez-la, complétez-la. Elle n’est pas là pour trôner. Elle est là pour servir de cible.
Et pour la suite, je regarde six choses.
Je regarde Free, Orange, Bouygues, SFR sur le deal creator × télécom qui manque toujours. Free a déjà Zack Nani sur le foot saoudien, c’est le point de départ, ce n’est pas le point d’arrivée. Orange possède Dailymotion et OCS pivoté FAST, le muscle créateur existe, l’exécution tarde. Pari : avant fin 2026.
Je regarde Mediawan, Banijay France, M6 Digital, TF1 Studio sur la deuxième chaîne creator agrégée française. Le modèle House of Creators est copiable en trois mois. Il serait étonnant qu’il n’y ait pas de deuxième avant décembre.
Je regarde la LNB sur le basket, même si je n’attends rien. La fenêtre de rattrapage se ferme avec le démarrage de NBA Europe en octobre 2027. Si la LNB ne bouge pas avant l’été 2026, les clubs le feront sans elle.
Je regarde Wil Aime le 15 mai 2026 ou à la date exacte de sortie. Si son film est effectivement autofinancé et self-distribué à la Markiplier, c’est la première brique française d’une nouvelle voie. S’il est produit et distribué classiquement, c’est un Inoxtag-Kaizen supplémentaire. Les deux sont intéressants, pas pour les mêmes raisons.
Je regarde l’ARCOM et le CSA sur le cadrage qu’ils vont devoir poser. Pour l’instant, silence radio.
Et je regarde les 90% de FranceTV Publicité, parce que c’est la statistique qui pour moi signe la bascule.
Free, Orange, LNB, deuxième deal format, deuxième chaîne creator agrégée, Wil Aime en salle. Je prends les paris sur la prochaine pièce. Et vous ?
Sources
Annonces de la semaine du 21-22 avril 2026
Full Joy Media / Olivier Levard, LinkedIn, 22 avril 2026 : post officiel House of Creators, 11 chaînes, 13 créateurs francophones sur Samsung TV Plus France. Remerciements publics aux équipes Samsung TV Plus (Antoine Chotard, Clémence Chabrier de Lassaunière, Niamh McGill, Taran Ahluwalia, Matthieu Audineau), partenaire technique Amagi (Christophe Laborde), mentors FAST (Rodolphe Buet, Camille Dupeuble). 59 réactions, 9 commentaires, 5 republications à l’heure où j’écris.
Banijay Entertainment, communiqué 21 avril 2026 : acquisition droits mondiaux “Qui réussira à stopper le train”.
The Media Leader FR, 21 avril 2026 : “Banijay s’empare du concept de jeu de Squeezie”.
Stratégies, 21 avril 2026 : “Banijay Entertainment acquiert les droits du format Stop The Train de Squeezie”.
Advanced Television, 22 avril 2026 : “France: Samsung TV Plus launches House of Creators”.
BroadbandTVNews, 22 avril 2026 : “House of Creators launches on Samsung TV Plus in France”.
Mesinfos, 21 avril 2026 : “Squeezie revend Qui réussira à stopper le train”.
Alexia Laroche-Joubert (CEO Banijay France, Board Member Groupe Banijay), LinkedIn, 22 avril 2026 : analyse de l’appel à projets FFF Ligue 3, créateurs positionnés, thèse du basculement droits secondaires vers distributeurs-créateurs. 228 réactions, 8 commentaires, 7 republications à l’heure où j’écris. Crédit photo SportBusiness Club.
Thèse US Creator TV et Creator cinéma
Spotter, “Creator TV”, mars 2026 : 6 600 chaînes, 136 milliards de vues, 52% CTV.
3Vision FAST Tracker, mars 2026 : 28 chaînes creator-led US.
Samsung Newsroom US, 13 septembre 2025 : deal Dhar Mann.
Samsung Newsroom US, 12 novembre 2025 : Mark Rober FAST Channel, 18 pays.
Hollywood Reporter, 12 novembre 2025 : Mark Rober.
Stream TV Insider, juillet 2025 : Salek Brodsky Samsung TV Plus.
Variety, 2 février 2026 : Iron Lung ouverture à 21,7M$ global, self-financed, self-distributed, Markiplier s’exprime.
NBC News, 2 février 2026 : Iron Lung, 18,19M$ weekend, 3 015 salles, budget 3M$.
Collider, février 2026 : Iron Lung proche des 50M$ worldwide, top 40 all-time highest-grossing independent films.
Screen Rant, 7 février 2026 : Iron Lung 30M$ domestic en 10 jours, 10x le budget.
Wikipedia Iron Lung (film) : sortie 30 janvier 2026, réalisé Markiplier.
Podcast The Making Of, épisode Markiplier avril 2026 : détails production Iron Lung (35 days shoot, Troublemaker Studios Austin, DP Philip Roy, Red V-Raptor, Ancient Optics Minolta Rokkor, DaVinci Resolve, TBD Post).
Sortir à Paris, Backrooms A24 sortie 17 juin 2026 : Kane Parsons alias Kane Pixels, web-série YouTube natif au long-métrage A24 avec Chiwetel Ejiofor, Renate Reinsve, Mark Duplass.
Wil Aime et créateurs français vers le cinéma
Konbini, 21-22 avril 2026 : Wil Aime annonce film mai 2026, retour après sept ans.
Vudaf, 20 avril 2026 : teaser mystérieux, premier film.
Minute Actu, 20 avril 2026 : rendez-vous cinéma.
Wikipedia Wil Aime : vidéaste français né 1995, iPhone, Facebook, YouTube, Death Note, L’art de la tromperie.
Inoxtag × Kaizen : communiqué Disney+ 21 mai 2025, AlloCiné septembre 2024 (diffusion TF1 8 octobre 2024), 340 000 spectateurs avant-première cinéma 13 septembre 2024, YouTube 14 septembre 2024.
Michou × Terminal : France Info 6 septembre 2025, série YouTube avec avant-première premier épisode projeté dans ~500 salles MK2 les 5-6 septembre 2025, pas film cinéma. Wikipedia Michou.
Pierre Niney × Feuilleman : AlloCiné, projet de film de super-héros issu d’un canular YouTube McFly-Carlito-Niney de 2021, Prime Video Original, Niney réalisateur, date de sortie non confirmée à publication.
Michou × Danse avec les stars d’Internet (Twitch + TF1+ + TF1, mars 2024) : Wikipedia Michou.
Tibo InShape : créateur français le plus suivi en France en 2026.
Paysage FAST France
Zylo × Insight NPA : interview Daniel Harroch.
LeMagDeLaFAST, août 2025 : Zylo développement.
LeMagDeLaFAST, décembre 2025 : historique Samsung TV Plus France.
OKAST / FAST4EU, octobre 2025 : chaînes Mediawan-Endemol.
Wikipedia The Roku Channel : absence France confirmée.
FranceTV stratégie créateurs
The Media Leader FR, 13 avril 2026 : “FranceTV x Rivenzi” par Vincent Thobel. 90% ops spéciales incarnées.
FranceTvPro, février 2026 : chaîne France TV Sport 24/7.
France Télévisions, avril 2024 : “Aux Jeux Streamers”.
ISG Sport Business, octobre 2025 : Interview Rivenzi GP Explorer 3.
The Media Leader FR, avril 2026 : EDF × CoverPlay CTV FranceTV Publicité.
Sport et créateurs-diffuseurs
FFTT, 10 décembre 2025 : Solary & Sakor Pro A.
FFTT, mars 2025 : Ping-Pong Contest.
Bundesliga UK : Broadcast Now 20 août 2025, The Overlap / Broadcast Now, Bundesliga.com stratégie UK-Irlande. Sky Sports match primetime samedi 17h30 BST, Prime Video PPV dimanche 2,49£, BBC + The Overlap + That’s Football vendredi soir en clair.
Zack Nani × Saudi Pro League : France Info 8 août 2025, Stratégies. Démarrage 19 août 2025, jusqu’à 3 matchs/semaine Twitch + YouTube, achat personnel via Zack Nani Prod, négociation IMG.
Zack Nani × FFF Espoirs : Eurosport 13 octobre 2025, Stratégies, Foot Mercato. 14 matchs sur Twitch + YouTube + Freebox (canal 181), octobre 2025-juin 2027.
CazéTV × FIFA Mondial 2026 : Sportcal 14 juillet 2025, annonce 13 juillet 2025 pendant finale Coupe du Monde des Clubs FIFA.
Webedia Creators, 30 mars 2026 : Fléchettes Cup. Casino Barrière Lille, 1000 spectateurs, Capri-Sun Électrolytes sponsor principal, Garnier, Agence de la Biomédecine.
Puremédias Ozap, 17 avril 2026 : casting Fléchettes Cup 7 duos, règles 301, animation Doigby, commentaires Thibault Tricole + PoneeeyClub. Satellifacts : production IDZ Prod captation, Elephant live-Webedia Event événementiel.
Crunch Creator site officiel, Bordeaux-Métropole, SportsMarketing, SportBuzzBusiness mars 2026 (20 000 billets en 2h, 32 000 places vendues au 10 mars 2026, jauge 40 000 au Stade Atlantique), Ministère des Armées, Sporsora / Ambission.
SportBuzzBusiness, février 2022 : France Rugby Twitch 6 Nations.
Basket / LNB / NBA Europe
LNB, juillet 2024 : DAZN diffuseur officiel Betclic ELITE jusqu’en 2029.
Basketeurope, juillet 2024 : Betclic Élite sur DAZN jusqu’en 2029. Mention rupture Skweek.
SportBuzzBusiness, septembre 2017 : 5 Majeur LNB.
LNB, 2017 : communiqué lancement 5 Majeur LNB.
First Team, LinkedIn : record 12 500 viewers Cholet-Metropolitans 92, Wembanyama, Samsung Electronics France, Webedia, LNB.
First Team YouTube : chaîne FIRST TEAM, production Influx Crew.
Basket Europe, octobre 2022 : émission LNB Club par First Team.
MCS Basket : plateforme basket européen streaming, EuroLeague, EuroCup, championnats nationaux, 1 700 matchs commentés First Team.
Basketeurope, décembre 2025 : NBA et FIBA officialisent NBA Europe.
Basketeurope, février 2026 : BCL 2026-27 qualifie pour NBA Europe. Lancement octobre 2027, 12 équipes permanentes.
Dr. Clutch, 2026 : NBA Europe tout savoir, licences 300-500M$, NBA détient 50%.
La Libre, mars 2026 : NBA Europe franchises pressenties, Paris et Lyon côté français.
Archives Streaming Radar citées
SR hors-série “Comment le streaming rebat les cartes des droits sportifs” (11 août 2025) : Zack Nani × Saudi Pro League.
SR édition spéciale GP Explorer 3 (5 octobre 2025).
SR #22 (27 octobre 2025).
SR hors-série “Droits sportifs streaming 2025” (4 décembre 2025) : 12,5 Md$ marché mondial.
SR #27 “Prédictions 2026” (5 janvier 2026) : pari “Créateurs × Opérateurs France”.
SR #30 “La deuxième guerre du streaming” (16 février 2026) : Webedia × Kameto.
SR #36 (6 avril 2026) : Spotter Creator TV.
SR #37 (13 avril 2026) : Rodolphe Belmer Politico.
SR #38 (20 avril 2026) : “La creator economy devient aussi”.


