Streaming Radar #49 : Comcast, Paramount, ByteDance : la semaine où tout le monde a débranché quelque chose
Une scission volontaire, une amputation forcée, une subvention coupée. Trois débranchements, un point commun : chacun prépare le branchement suivant.
Il fait chaud. Vous êtes plutôt juilletiste ou aoûtien ? Moi je suis Tour de France : je reste devant l’écran pendant que tout le monde part. Le rythme s’adapte quand même : je publierai moins pendant deux mois, mais je sortirai des pièces d’opportunité quand l’actu l’exige. Le genre de choses qu’on rattrape très bien dans sa boîte mail au retour de la plage, donc si ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous.
L’industrie, elle, n’a pas ralenti. Au contraire.
TL;DR
Comcast se scinde volontairement le 29 juin : Peacock, Universal, les parcs et Sky partent dans une nouvelle NBCUniversal. Wall Street applaudit le matin, se ravise deux jours plus tard, et les agences de notation placent la dette sous revue.
Paramount s’ampute sous contrainte : sortir d’UIP, sa coentreprise de distribution fondée en 1981 avec Universal, est le péage exigé par Bruxelles pour avaler Warner (≈103 milliards d’euros). L’échéance UE glisse du 7 au 22 juillet.
La moitié détachée de Comcast avale déjà ITV : termes agréés à ≈1,9 milliard d’euros. Se découper n’empêche pas de grossir, c’en est devenu la condition.
Hollywood verrouille quatre ans de paix sociale : scénaristes en avril, acteurs et réalisateurs en juin, contrat SAG-AFTRA effectif le 1er juillet. Aucun des trois accords n’indexe quoi que ce soit sur le revenu publicitaire, au moment précis où la pub devient le deuxième revenu du streaming.
Le micro-drama chinois n’a pas été conquis par l’IA : il a été débranché. Caixin documente le retrait des ≈320 millions d’euros de subventions ByteDance fin février. 90 jours plus tard, 95 % de la production sortait des machines.
Pour grossir, il faut d’abord se découper
Le #48 posait « en haut, les géants se regroupent ». Sept jours plus tard, le plus gros câblo-opérateur américain fait le geste exactement inverse : il se coupe en deux. Et celui qui veut se regrouper doit d’abord s’amputer. Le regroupement et le démontage ne sont pas deux mouvements contraires, ce sont les deux temps du même geste.
Comcast se scinde volontairement. Le 29 juin, Comcast annonce la scission de NBCUniversal et Sky : la nouvelle NBCUniversal embarque les parcs, les studios Universal, NBC, Telemundo, NBC News, Peacock, Bravo et Sky. Comcast garde le tuyau (haut débit, câble, mobile), avec une participation transitoire de 19,9 % au plus pendant un an. Mike Cavanagh prend la tête de la nouvelle NBCU, bouclage visé sous un an. Toute la mécanique fiscale et capitalistique est dans le communiqué, pour ceux que ça intéresse.
Côté Bourse : +22 % en préouverture, +4,5 % en clôture, puis −3,3 % le surlendemain, et la dette placée sous revue négative par Moody’s et S&P (la note peut baisser). L’enthousiasme n’a pas tenu la semaine. Le contexte : une action qui avait fondu de 30 % sur douze mois, et une première scission en janvier, celle des chaînes câblées, dans Versant. Pour la tuyauterie financière fine, tout est dans les trois articles liés ci-dessus. Nous, ce qui nous occupe, c’est l’impact streaming : Peacock quitte l’abri du conglomérat, et devra prouver seul que son modèle tient. On y vient.
Paramount s’ampute sous contrainte. Dépôt public mercredi 1er juillet : Paramount Skydance s’engage auprès de la Commission européenne à sortir d’UIP, United International Pictures, la coentreprise de distribution 50-50 fondée avec Universal en 1981, une sortie suggérée par la Commission elle-même après les inquiétudes des exploitants de cinéma européens. Le péage est chiffrable : UIP a distribué Mission: Impossible et Shrek, pesait ≈2,3 milliards d’euros de box-office à son apogée (2,5 milliards de dollars), et fait encore près de 230 millions d’euros de chiffre (200 millions de livres) avec plus de 200 salariés, dont sept marchés européens concernés par la sortie (Danemark, Grèce, Croatie, Hongrie, Norvège, Pologne, Suède). En échange de cette concession, l’échéance de décision UE glisse du 7 au 22 juillet. Bruxelles instruira donc en plein cagnard.
C’est l’actualisation du calendrier documenté dans le #47 (le DOJ, l’antitrust américain, le 12 juin ; l’UE ; le régulateur britannique le 7 août ; clôture visée fin septembre), et le précédent est posé : plus aucune méga-fusion ne se referme sans défaire d’abord les coentreprises qui verrouillaient les territoires. Question ouverte, que personne dans la presse n’a encore instruite : qui distribue Paramount dans ces sept marchés une fois UIP dissoute ?
La moitié détachée avale déjà ITV. C’est la troisième preuve, et elle est tombée quatre jours avant l’annonce Comcast : le 25 juin, Reuters révèle que Sky et ITV ont agréé les termes du rachat de la branche chaînes et streaming d’ITV (le linéaire plus ITVX) pour ≈1,9 milliard d’euros (1,6 milliard de livres). ITV Studios reste indépendant, et Sky lui cède au passage Love Productions, le producteur du Great British Bake Off qu’elle détenait depuis 2014. Annonce officielle attendue sous quinzaine, approbations britanniques à venir, CMA (l’autorité de la concurrence) en tête. Autrement dit : l’entité que Comcast détache n’est pas un reliquat qu’on pousse hors du bilan. Elle est en train de fabriquer ce que la presse britannique présente déjà comme un futur top 3 du streaming au Royaume-Uni, face à Netflix, YouTube et Prime Video. Se découper n’empêche pas de grossir. Littéralement.
Et Peacock, au centre du paradoxe. La semaine même où sa maison-mère se démonte, la plateforme s’ouvre partout. Le 29 juin, Peacock Premium Plus se vend via YouTube Primetime Channels à 16,99 dollars par mois (≈16 euros) : premier inventaire concret de ce que les SVOD cèdent en s’installant dans la vitrine d’un autre (la facturation, la découverte, la donnée). Le 30 juin, Peacock devient revendeur de Starz, en option à 12 dollars (≈11 euros), une première pour la plateforme, qui n’avait jamais vendu un service concurrent. Le laboratoire super-app décrit dans le #44 avec ses ReelShort sous licence et son avatar génératif Bravo devient l’actif central d’une entité cotée seule : 46 millions d’abonnés payants, un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 71 % à ≈1,9 milliard d’euros (2,1 milliards de dollars) (trimestre gonflé par les JO de Milan-Cortina et le Super Bowl), une perte de ≈400 millions d’euros sur la même période (432 millions de dollars), plus que doublée sur un an, et 1,8 % du temps TV américain au Gauge Nielsen de mars, quand Netflix était à 8,2 %. L’agrégation remonte pendant que la holding descend.
Deux échos, une ligne chacun. Fox/Roku, disséqué dans le #47 et dans mon post du 15 juin : acheter l’étage d’en dessous, ≈20 milliards d’euros (22 milliards de dollars) pour le système d’exploitation de la télévision. Et le fil YouTube-infrastructure du #47 : la vitrine change de propriétaire, Peacock vient de le confirmer en cédant la sienne. Un analyste (annimoiq, source unique, au conditionnel donc) va plus loin : la nouvelle NBCU hériterait avec Sky Glass de son propre « Roku ». À suivre.
La pub est devenue le deuxième revenu du streaming. Hollywood vient de signer quatre ans sans le partager.
Que la pub monte, on l’a écrit trois fois en 2025 (« Du Streaming au Shopping », « L’essor de la publicité », et déjà dans le #20). Que l’écran devienne un rayon, c’était le #48 avec Vizio. Que des agents logiciels achètent l’espace à la place des humains, c’était le #47. Tout ça, c’est le décor. Ce qui est neuf cette semaine, c’est le contrat. Ou plutôt son absence.
D’abord les faits de la semaine. Adweek titre « Streaming Is Becoming a Storefront » : Disney vend de l’inventaire sur The Bear, Peacock vend Love Island. Côté Netflix, les chiffres sont publics depuis les résultats du premier trimestre : la formule avec pub capte plus de 60 % des nouvelles inscriptions dans les pays où elle existe, et la pub pèsera ≈2,8 milliards d’euros en 2026 (3 milliards de dollars), le double de 2025, avec plus de 4 000 annonceurs, en hausse de 70 %. Le deuxième étage de revenus du streaming n’est plus une promesse commerciale. Il est là, et il monte comme le mercure.
Maintenant, le contrat. Le 26 juin, la DGA, le syndicat des réalisateurs, ratifie son accord avec les studios, et l’AMPTP, l’alliance patronale qui négocie pour eux, déclare le cycle de négociation du printemps 2026 officiellement clos. La WGA, les scénaristes, avait conclu son accord le 4 avril (+10,5 % sur quatre ans, ≈300 millions d’euros (321 millions de dollars) pour le plan santé). SAG-AFTRA, les acteurs, a ratifié début juin, avec un détail de calendrier qui tombe pile cette semaine : le contrat entre en vigueur le 1er juillet, pour courir jusqu’au 30 juin 2030. Trois accords de quatre ans. Obtenus sur l’IA, la pension, la santé. Comme je l’écrivais le 3 mai au moment de l’accord des acteurs : quatre ans, hausses de minimas, fonds de pension, protections IA renforcées.
Et rien, dans aucun des trois, n’indexe quoi que ce soit sur le dollar publicitaire.
Précision technique, parce que c’est là que les raccourcis se paient, et que j’ai dû moi-même dérouler la mécanique pour la comprendre. Les contrats n’ignorent pas la pub : depuis 2023, les contenus produits pour les plateformes financées par la publicité sont couverts aux mêmes conditions que le SVOD. Ce qui n’existe pas, c’est le partage du revenu publicitaire lui-même. En 2023, SAG-AFTRA demandait 2 % du revenu généré par chaque titre, mesuré par un tiers, a reculé à 1 %, puis à 0,576 dollar par abonné : tout a été refusé, « a bridge too far » selon Ted Sarandos. Le compromis a donné un bonus déclenché par un seuil d’audience, l’équivalent de 20 % des abonnés domestiques en 90 jours, et les titres produits pour les plateformes 100 % publicitaires en sont même exclus. La pub n’est pas seulement non partagée : elle est hors du périmètre des bonus. Les résiduels du streaming sont indexés sur les vues et sur les comptages d’abonnés. Jamais sur le chiffre d’affaires. Et surtout jamais sur la pub, dont personne ne parlait sérieusement en 2023 parce que la bataille se jouait sur l’IA.
Résultat : Hollywood vient de verrouiller la paix sociale jusqu’en 2030, au moment précis où la pub devient le deuxième revenu de ses diffuseurs. Les quelque 2,8 milliards d’euros de pub Netflix ont quatre ans devant eux sans personne en face à la table. En 2023, les guildes se battaient pour partager un revenu d’abonnement qui plafonnait. En 2026, elles ont signé pour la stabilité pendant que le revenu qui accélère passait sous le radar. La prochaine table, c’est 2030. D’ici là, chaque dollar de pub vendu sur The Bear reste d’un seul côté.
Et l’Europe est déjà dans la même pièce sans le savoir : la pub shoppable TF1×Netflix (#48) branche le même deuxième étage sur des conventions collectives qui n’ont pas davantage prévu le cas.
Dimension Interdite #4 disait que l’usine rouille. Voici pourquoi : on l’a débranchée.
Il y a dix jours, dans Dimension Interdite #4, je constatais que l’usine à coin chinoise (ces séries verticales qu’on déverrouille épisode par épisode, pièce par pièce) « est déjà en train de rouiller », sans en tenir la cause. En avril, dans « Les vendeurs de pioches », j’écrivais que ByteDance venait de tout déstabiliser en février, sans encore pouvoir chiffrer la suite. Caixin vient de faire les deux d’un coup, et l’enquête se lit comme un procès-verbal de débranchement.
Acte I, le débranchement. En 2025, ByteDance a versé 2,5 milliards de yuans (≈320 millions d’euros) de subventions à la production de micro-dramas tournés avec de vrais acteurs, entre 200 000 et 350 000 yuans par titre (≈26 000 à 45 000 euros) aux sous-traitants, pour nourrir Hongguo et ses 100 millions d’utilisateurs quotidiens. Fin février 2026, le mois même où ByteDance lançait Seedance 2.0, son modèle vidéo maison, la subvention est coupée. L’IA produit pour moins de 20 000 yuans (≈2 600 euros) ce qui en coûtait des centaines de milliers ; les estimations publiées vont de ≈2 800 à 13 000 euros selon le périmètre, Dimension Interdite #4 retenait la fourchette haute.
Acte II, les 90 jours. Au premier trimestre, plus de 95 % des 128 000 nouveaux micro-dramas sortent des machines. À Hengdian, où les plateaux étaient si serrés qu’on entendait les répliques du tournage voisin, le silence est tombé d’un coup, et le marché du travail s’est coupé en trois : les têtes d’affiche gardent leurs contrats, le milieu de tableau voit ses cachets divisés par deux (800 à 1 500 yuans la journée selon Caixin, 1 000 à 2 000 selon 21jingji, soit environ 100 à 260 euros), le bas de gamme disparaît. Ce n’est pas l’IA qui a conquis le micro-drama chinois. C’est le retrait d’une subvention qui a précipité ce que l’IA rendait possible. L’effondrement du coût, lui, était déjà posé dans le #45 et dans Dimension Interdite #3.
Acte III, à ne pas rater : le contre-mouvement existe déjà. Le 3 avril, Douyin a partiellement rebranché l’usine, avec un fonds de 200 millions de yuans (≈26 millions d’euros) pour le tourné réel. Soit 8 % de la subvention coupée : un filet, pas une marche arrière. Le même jour, le régulateur chinois publiait ses règles sur les « personnes virtuelles », et Hongguo sanctionnait 670 œuvres pour visages et propriétés intellectuelles volés. Caixin note au passage que la qualité des titres IA reste « équivalente », mais que les hits durables sont difficiles à tenir. La question qui décidera de la suite est exactement celle-là : la rétention. J’y consacre le prochain hors-série, Dimension Interdite #5.
Pendant que l’usine chinoise se débranche, l’Occident s’équipe, des deux côtés du manche.
Côté pioches : Ateliere lançait Storyline le 9 juin déjà, la verticalisation automatique de catalogues existants. Un nouveau vendeur de pioches, au sens exact du hors-série d’avril : la marge est dans l’outillage, pas dans les apps.
Côté groupes historiques, la vague se matérialise coup sur coup dans Deadline. Le 2 juillet, Dwight Howard, membre du Hall of Fame NBA, en tête d’affiche et producteur exécutif de The Escape Room: Truth Or Dis sur Tap In Shorts : l’athlète devient le prochain profil de star verticale. Et le premier micro-drama de Lifetime, Tides of Temptation (avec SwagBoyQ), est calé au 7 juillet, sur Microhouse, la plateforme de Taye Diggs qui lance le même jour avec six autres titres. Premier de cinq projets du partenariat Lifetime × Microhouse. L’entrée de Lifetime avait été annoncée au printemps (« Hollywood pivote sur le vertical drama ») : ce qui est neuf, c’est la matérialisation datée. Détail au générique qui relie cette section à la précédente : Tides of Temptation est produit en association avec Motion Entertainment, une société de WPP Media. Une holding publicitaire au générique d’un micro-drama Lifetime. Le deuxième revenu n’attend même plus le générique de fin.
Sonar
TF1, entré chez Netflix, sorti de chez Canal+. Douze jours après l’entrée des chaînes TF1 dans Netflix France (#47), Canal+ cesse de les distribuer, faute d’accord (annonce du 1er juillet). Périmètre à retenir : en France et en Suisse, trois thématiques seulement (TV Breizh, Histoire TV, Ushuaïa TV) ; en Afrique, l’intégralité des chaînes du groupe, TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI incluses, offres non linéaires comprises. TF1 indique que la coupure l’amène à revoir sa stratégie de partenariats de distribution, dans un contexte de forte croissance de la distribution digitale. La distribution est devenue le champ de bataille : le distributeur éjecte, l’éditeur menace de se passer de lui. Rejouons 2022, mais cette fois avec Netflix dans l’équation.
Le grain de film comme technologie de marge. Fabio Sonnati a publié cette semaine son analyse indépendante de la synthèse de grain AV1 (FGS, film grain synthesis : le grain est retiré avant encodage puis resynthétisé chez le spectateur) telle que Netflix la déploie : environ 20 % de débit en moins par rapport à l’AV1 standard, pour une qualité perçue supérieure de 5 à 6 points sur son échelle NR-XVS, et un score de banding (ces aplats en escalier qui gâchent les dégradés) qui tombe à zéro là où les encodages classiques montent jusqu’à 65. Netflix avait productisé FGS en juillet 2025 (36 % de réduction du débit moyen en 1080p et plus), sept ans après la standardisation du mécanisme dans AV1. Fin 2025, AV1 servait environ 30 % des flux Netflix. Jamais traité ici, et pourtant : la tech de diffusion reste un levier de compte de résultat. Quand ton deuxième revenu est la pub et que ton premier coût variable est la distribution des flux, resservir le grain côté décodeur, c’est de la marge. Et un tuyau qui transporte 20 % de moins chauffe aussi un peu moins.
On en reparle, une ligne. Le « quelqu’un » qui levait ≈230 millions d’euros (250 millions de dollars) à Los Angeles (évoqué dans le #48) a désormais un nom : Compound Creative Holdings, monté par CAA et TPG, Tucker Brown aux manettes, avec Dude Perfect (plus de 90 millions d’euros) en référence. L’annonce date du 10 juin, donc pas de cette semaine : je la traite en une ligne ici, et je développe sur LinkedIn.
Peppa Pig et les voix d’enfants. Hasbro fait signer aux enfants de Peppa Pig des clauses cédant leur voix à l’IA, et les agents britanniques réclament désormais des clauses anti-IA pour les mineurs : après les guildes américaines, le front contractuel IA se segmente par catégorie de talent. Même leçon que plus haut : ce qui n’est pas dans le contrat n’existe pas.
Ce qu’on surveille
L’agenda de juillet est un calendrier de tuyauterie, à suivre depuis n’importe quel transat. Le 7 : première de Tides of Temptation et lancement de Microhouse. Sous quinzaine : l’officialisation attendue de Sky/ITV. Le 22 : la décision de Bruxelles sur Paramount/WBD. Le 7 août : la CMA britannique. Fin septembre : la clôture visée de l’opération Paramount/Warner. Et quelque part dans l’année qui vient : la naissance effective de la nouvelle NBCUniversal.
Dans le #47, je décrivais quatre couches de tuyauterie qui changeaient de main sous le même robinet. Cette semaine, c’est le châssis lui-même qu’on démonte : les conglomérats se découpent pour que chaque morceau aille se brancher, ou se faire brancher, au bon étage. Comcast garde le tuyau, la nouvelle NBCU prend la vitrine et va en acheter une deuxième au Royaume-Uni, Paramount paie son entrée en défaisant une coentreprise de 1981, et Peacock se vend désormais dans la boutique de YouTube. Il ne reste qu’une chose que personne n’a redécoupée cette semaine : le partage du deuxième revenu. Rendez-vous en 2030 pour ça. D’ici là, le peloton continue de rouler, même aux heures les plus chaudes. Surtout aux heures les plus chaudes.
Répondez à ce mail si un point mérite d’être creusé, c’est souvent comme ça que naissent les hors-séries. Et bon été, quel que soit votre mois.
Ludovic
Streaming Radar est écrit par Ludovic Bostral, freelance en data intelligence et IA pour le streaming et l’OTT, 25 ans dans la plomberie de la télé (M6, Afrostream, Majelan, Trace+). Données et rapports propriétaires sur lens.streaming-radar.com. Pour en parler de vive voix : bostral.com/call.


