Streaming Radar #29 : IA et Vertical Drama Redessinent le Streaming
Netflix copie TikTok, l’IA automatise le FAST, et YouTube combat le monstre qu’elle a créé
TL;DR
• Netflix refond son application mobile pour fin 2026 : feed vertical style TikTok + podcasts vidéo exclusifs pour conquérir l’usage quotidien
• TikTok lance PineDrama : application dédiée microdramas 100% gratuite sans publicité (États-Unis/Brésil), trois séries dépassent 100 millions de vues
• Le FAST atteint 64% des foyers équipés Roku : temps de visionnage comparable à la télévision câble, l’intelligence artificielle automatise la programmation (gains de temps ×10)
• Ex Machina Studios promet une “IA éthique” : Tom Ryan (cofondateur Pluto TV) et vétérans de la production lancent un studio combinant IA, acteurs réels et respect des syndicats
• YouTube combat la pollution par IA : Neal Mohan annonce sa priorité numéro un pour 2026 — détecter les deepfakes et réduire le contenu de mauvaise qualité (1 million de chaînes utilisent l’IA quotidiennement)
Trois semaines après mes prédictions 2026 dans Streaming Radar #27, le vertical drama se confirme partout : Netflix refond son application mobile, TikTok lance PineDrama en standalone, Fox investit dans Holywater, Disney+ explore le format pour l’Asie-Pacifique.
Pendant ce temps, l’intelligence artificielle passe du laboratoire à l’opérationnel. Ex Machina Studios promet une “IA éthique” pour Hollywood. YouTube combat la masse croissante de contenus de faible qualité générés par son propre système. Et les chaînes FAST s’automatisent via algorithmes exactement au moment où elles atteignent 64% des foyers américains.
Le paradoxe devient structurel : l’infrastructure s’autonomise pendant que le marché consommateur explose.
Netflix et TikTok : deux stratégies opposées, même objectif
Marion Ranchet avait prédit dans Streaming Radar #27 la consolidation brutale du marché des microdramas. Mon contre-argument : le vertical drama deviendrait une fonctionnalité intégrée, pas un produit autonome. Janvier 2026 confirme les deux analyses simultanément.
Netflix intègre le vertical (comme fonctionnalité complémentaire)
Netflix annonce le 20 janvier lors de sa conférence résultats trimestriels un redesign majeur de son application mobile, déploiement prévu fin 2026. Au cœur du changement : une intégration beaucoup plus profonde des flux vidéo verticaux selon Greg Peters, co-directeur général. Les tests ont commencé en mai 2025, le feed vertical passe du prototype à l’infrastructure permanente.
L’angle principal ? Les podcasts vidéo. Peters confirme qu’on peut imaginer davantage de clips basés sur de nouveaux types de contenus, notamment les podcasts vidéo. Netflix lance plus de 30 émissions hebdomadaires en janvier 2026 : Pete Davidson (discussions informelles dans un garage), Michael Irvin (analyses sportives), partenariats avec Spotify et iHeartMedia pour “The Breakfast Club” et “My Favorite Murder”.
Elizabeth Stone, directrice technique de Netflix, avait déclaré en octobre 2025 qu’ils n’essayaient pas de devenir TikTok. Mais Peters est transparent : “We’re competing with social platforms for daily engagement” — on est en compétition avec les plateformes sociales pour l’engagement quotidien. YouTube représente le concurrent principal, pas Disney+.
Les chiffres parlent : 325 millions d’abonnés au quatrième trimestre 2025, 45,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, plus de 1,5 milliard de dollars de revenus publicitaires. Mais Ted Sarandos, l’autre co-directeur général, le dit cash : les Oscars sont sur YouTube maintenant. Le championnat de football américain est sur YouTube. Apple concourt pour les Emmy et les Oscars. Instagram arrive bientôt sur les télés. Les frontières de ce qu’on considère comme la consommation télé deviennent floues.
Netflix cherche l’engagement quotidien, pas juste le visionnage intensif du weekend. Le feed vertical devient l’outil principal. Comme je le disais dans le Streaming Radar #27 : c’est une fonctionnalité complémentaire, pas une destination autonome.
TikTok lance PineDrama (comme application autonome)
Le 16 janvier 2026, TikTok lance discrètement PineDrama (no pun intended) aux États-Unis et au Brésil. Application autonome disponible sur iOS et Android. L’interface ressemble à TikTok mais contient uniquement des microdramas. Épisodes d’environ une minute, séries verticales, format feuilletonnant.
Gratuit. Sans publicité. Pour l’instant.
Hernan Lopez, fondateur d’Owl & Co., analyse pour Business Insider que ce qui est intéressant, c’est la première fois qu’ils lancent un produit sans publicité et sans paywall. C’est une expérimentation. Lopez prédit une monétisation future via des abonnements.
Le catalogue impressionne déjà : “Love at First Bite” affiche 18 millions de vues. Les trois séries les plus populaires dépassent chacune les 100 millions de vues selon les compteurs intégrés à l’application. Les genres dominants : romance, thriller, famille, surnaturel. Les fournisseurs de contenu incluent Dreame, Stardust TV et ShortMax.
ByteDance exploite déjà massivement les microdramas : Douyin en Chine, Melolo et Red Fruit en Asie. TikTok avait testé une section “TikTok Minis” intégrée à l’application principale fin 2025. PineDrama représente l’étape suivante.
Le marché confirme : les applications autonomes ne sont pas viables
Le marché des microdramas pèse déjà 1,3 milliard de dollars de chiffre d’affaires aux États-Unis en 2025 selon Owl & Co. Les projections annoncent 26 milliards de dollars au niveau mondial d’ici 2030 selon Variety. En novembre 2025, 28 millions d’Américains regardaient des microdramas. Plus de la moitié de l’audience a entre 18 et 34 ans.
Mais les chiffres révèlent une économie fragile :
ReelShort : 490 millions de dollars cumulatifs à mars 2025 (130 millions au Q1 2025), rentabilité incertaine selon les analystes du secteur
DramaBox : 450 millions de dollars cumulatifs à mars 2025 (120 millions au Q1 2025), marges sous pression
Selon Sensor Tower, les deux leaders captent près de 60% du marché mais les coûts d’acquisition explosent
Coût d’acquisition client : 15 dollars par utilisateur en Amérique du Nord
Nombre d’applications : explosion de 41 à 237 en un an, saturation totale
Ces applications facturent plus de 20 dollars par semaine après quelques épisodes gratuits. PineDrama lance gratuit pour capter massivement. Le message est clair : un abonnement dédié au vertical drama à 10 euros par mois ne trouvera jamais son marché.
Le schéma devient clair :
Netflix intègre le vertical comme fonctionnalité (feed plus podcasts vidéo)
TikTok teste une application autonome mais gratuite (stratégie d’acquisition agressive)
Fox et Disney+ explorent le contenu vertical dans leurs applications existantes
La consolidation prédite par Ranchet ? Elle arrive. Mais pas sous la forme d’un affrontement entre applications autonomes. Ce sont les plateformes généralistes qui absorbent le vertical drama comme fonction complémentaire.
Exactement comme Instagram Stories a tué Snapchat sans pour autant devenir Snapchat.
Ma prédiction pour 2026 : Netflix licenciera du contenu ReelShort
Je vais plus loin : d’ici fin 2026, Netflix licenciera du contenu existant chez ReelShort ou DramaBox pour alimenter son feed vertical. Ils ne produiront pas massivement du vertical drama en interne (trop cher, marges trop faibles, audience trop fragmentée).
Ils vont acheter des catalogues entiers. Exactement comme ils achètent des licences de séries coréennes ou de documentaires. Le vertical drama deviendra une catégorie de contenu parmi d’autres.
Fox a montré la voie en investissant dans Holywater en octobre 2025. Netflix suivra. Disney+ testera en Asie-Pacifique d’abord. Amazon Prime Video expérimentera via son service gratuit Freevee (oh wait, ils l’ont fermé en 2024, merde).
Le vertical drama ne sera jamais un produit autonome rentable à long terme. C’est une fonctionnalité complémentaire dans un catalogue général.
FAST : le marché grand public explose pendant que l’IA automatise tout
64% des foyers américains équipés Roku regardent des chaînes FAST selon le rapport Roku/Horizon “FAST is Vast” publié au premier trimestre 2025 (soit plus de 90 millions de foyers au total). La croissance : multiplication par 262 depuis 2020 comparé au marché du streaming total selon Nielsen. 70% des téléspectateurs FAST n’ont aucun abonnement câble ou satellite. 57% des foyers qui ne regardaient que de la vidéo à la demande par abonnement au premier trimestre 2020 consomment maintenant du FAST.
Les comportements ressemblent au câble (mais en mieux)
Selon le rapport “FAST is Vast” de Roku/Horizon, les téléspectateurs FAST regardent en moyenne autant de chaînes différentes par jour que les abonnés câble, avec des temps de visionnage comparables. Le comportement “lean-back” (posture détendue, zapping entre chaînes) est identique.
Les tranches horaires suivent les mêmes schémas : tôt le matin (actualités et météo), journée (musique, football, programmes pour enfants), prime time (action, films classiques), fin de soirée (paranormal, mystère), nuit (sitcoms, séries policières).
Nielsen Gauge de mai 2025 confirme le basculement : l’ensemble des chaînes FAST (Tubi, Pluto TV, Roku Channel) représente 5,7% du temps de visionnage total aux États-Unis, soit plus que n’importe quelle chaîne hertzienne prise individuellement. CBS, NBC, ABC, Fox : chacune fait moins bien que le FAST combiné.
Projections : plus de 120 millions de téléspectateurs américains annuels d’ici 2026 contre 98,5 millions en 2022. Chiffre d’affaires prévu : 6 milliards de dollars d’ici 2026 (croissance de 20% par an), et 17 milliards de dollars au niveau mondial d’ici 2029 contre 8 milliards en 2023.
L’attention et la qualité perçue dépassent la télévision linéaire
Contre-intuitif mais confirmé par les données : les téléspectateurs perçoivent le FAST comme 12% plus premium que la télévision linéaire classique. Et le FAST génère 8% plus d’attention que la télévision linéaire selon les normes Adelaide du deuxième trimestre 2025.
Pourquoi ? La charge publicitaire. 4 minutes de publicité par heure pour le FAST contre 12 minutes par heure pour le câble. Un tiers du volume publicitaire. L’expérience reste fluide.
Le mix de contenu explique aussi : 52% de divertissement, 18% d’actualités, 17% de téléréalité, 5% de lifestyle, 5% de programmes pour enfants, 3% de sport. Plus de 1000 titres nominés aux Oscars, Emmy ou SAG Awards disponibles sur Roku Channel l’année passée.
Consolidation brutale parmi les acteurs
Le marché se consolide violemment. Entre 2023 et 2024, les services FAST secondaires s’effondrent :
STIRR (service de Sinclair Broadcast Group, l’un des plus gros groupes télé américains) : -49% de chaînes
ViX (plateforme hispanique de TelevisaUnivision) : -34% de chaînes
La loi de Pareto s’applique brutalement : 90% des heures de visionnage proviennent de moins de 10% des chaînes. Seules les chaînes ultra-optimisées survivent.
Les plateformes majeures dominent :
Tubi : plus de 100 millions d’utilisateurs actifs mensuels (juin 2025)
Pluto TV : plus de 80 millions d’utilisateurs mensuels, 250 chaînes organisées
Roku Channel : touche des foyers représentant environ 145 millions de personnes (quatrième trimestre 2024)
Samsung TV Plus : environ 700 chaînes aux États-Unis (4000 dans le monde), 88 millions d’utilisateurs actifs mensuels (début 2025)
L’IA automatise pendant que le marché grand public explose
Le timing est parfait : le marché consommateur atteint la masse critique (64% des foyers, habitudes identiques au câble) exactement au moment où l’infrastructure devient autonome.
L’intelligence artificielle ne remplace pas les humains dans la création de contenu. Elle automatise la grille de programmation. Décider quelle vidéo diffuser à 14h37 un mardi après-midi pour maximiser l’engagement ? C’était un job à temps plein. Maintenant c’est un algorithme.
Les gains deviennent concrets :
OTT Studio réduit d’un facteur 10 le temps de programmation via Amagi Smart Scheduler
Frequency lance des chaînes pilotées intégralement par IA
Chillfree TV devient la première plateforme 100% construite par IA
La consolidation brutale s’explique : seules les chaînes équipées d’automatisation survivent. STIRR perd 49% de ses chaînes, ViX 34%. Les autres meurent étouffées par les coûts opérationnels humains.
Le paradoxe devient structurel : plus le marché grossit (120 millions de téléspectateurs en 2026), plus l’automatisation devient obligatoire pour survivre. L’optimisation algorithmique fait la différence entre vie et mort. Les chaînes programmées manuellement n’ont aucune chance face à des algorithmes qui analysent en temps réel l’engagement, ajustent le contenu par tranche démographique, et optimisent l’insertion publicitaire.
Netflix et Disney+ testeront le FAST en 2026
Comme je le disais dans le SR #27 : Netflix et Disney+ testeront des chaînes FAST tierces avec leur catalogue historique d’ici fin 2026. Pas un déploiement massif, un test contrôlé. Le catalogue dort, autant le monétiser. Le FAST devient le nouveau câble, et le câble était rentable pendant 40 ans.
L’IA devient opérationnelle (avec tous les problèmes qui vont avec)
L’intelligence artificielle sort définitivement du laboratoire en janvier 2026. Mais opérationnel ne signifie pas propre. Deux annonces diamétralement opposées illustrent le paradoxe : Ex Machina Studios promet une “IA éthique” pendant que YouTube combat la merde qu’elle a elle-même générée.
Ex Machina Studios : l’IA “éthique” arrive à Hollywood
Le 20 janvier 2026, Ex Machina Studios annonce son lancement. Les fondateurs ? Tom Ryan (cofondateur de Pluto TV, ancien directeur général de Paramount Streaming), Marco Weber (producteur d’Igby Goes Down), Martin Weisz (réalisateur de The Hills Have Eyes II).
Leur mission : “utiliser l’IA de manière éthique, avec de vrais acteurs, des récits écrits par des humains, et des pratiques de production alignées avec les syndicats” pour produire des films destinés aux salles tout en réduisant les coûts.
Partenariat avec Utopai Studios basé à Sunnyvale pour la technologie et la coproduction. Le studio s’engage à produire physiquement à Los Angeles, avec des projets en développement qui restent à annoncer.
Marco Weber explique : “Technology should expand what’s creatively possible—not replace human artistry” — la technologie devrait élargir ce qui est créativement possible, pas remplacer l’art humain.
Le contexte : 2026 devient l’année où les studios hollywoodiens investissent massivement dans l’IA. Warner Bros. lance son laboratoire de production assistée par IA. Disney crée son groupe d’innovation IA. Universal, Paramount et Sony développent leurs départements recherche et développement.
L’objectif affiché ? Réduire de 30% les coûts de production sans sacrifier la qualité. James Cameron l’a dit publiquement : il faut trouver comment diviser par deux les coûts des gros films nécessitant beaucoup d’effets spéciaux.
Ex Machina se positionne comme le “studio éthique” : l’IA comme outil au service des créateurs, pas comme remplacement. Humains au centre. Syndicats respectés.
On verra en 2027 si c’est du marketing ou une réalité. Spoiler : je parie sur 70% marketing, 30% réalité.
YouTube combat la pollution IA qu’elle a créée
Le 21 janvier 2026, Neal Mohan (directeur général de YouTube) publie sa lettre annuelle : gérer le “AI slop” devient sa priorité numéro un.
Citation : “It’s becoming harder to detect what’s real and what’s AI-generated. Particularly critical for deepfakes” — il devient de plus en plus difficile de détecter ce qui est réel et ce qui est généré par IA, particulièrement critique pour les deepfakes.
Le paradoxe est magnifique : YouTube pousse activement la création par IA (plus d’1 million de chaînes utilisent les outils IA quotidiennement en décembre 2025) TOUT EN combattant le contenu de mauvaise qualité généré par cette même IA.
Le “AI slop” (pollution par IA) représente la masse de contenus de faible qualité générés automatiquement qui envahissent les plateformes sociales. Ce “AI slop” représente une part croissante des revenus publicitaires de la plateforme — un paradoxe que YouTube doit résoudre sans couper la branche sur laquelle elle est assise.
La stratégie de YouTube :
Étiquettes obligatoires pour le contenu créé par IA
Obligation pour les créateurs de déclarer le contenu synthétique ou altéré
Suppression des “médias synthétiques dangereux” violant les règles
Détection de l’apparence physique des créateurs pour protéger contre les deepfakes non autorisés (déploiement pour des millions de créateurs du Programme Partenaire YouTube)
Soutien au projet de loi “NO FAKES Act” au Congrès américain
Mohan fait une comparaison intéressante : “Over 20 years, once-odd trends like ASMR and watching people play video games became mainstream hits” — en 20 ans, des tendances autrefois étranges comme l’ASMR et regarder des gens jouer aux jeux vidéo sont devenus des succès grand public.
Il suggère que le “AI slop” pourrait être une tendance mal comprise ? Vraiment ? On parle de contenus générés en masse pour farmer des vues et des revenus publicitaires. Pas exactement comparable à l’ASMR.
Mais bon : “Responsibility to maintain high quality viewing experience. Building on spam/clickbait systems to reduce low quality AI content” — responsabilité de maintenir une expérience de visionnage de haute qualité en s’appuyant sur les systèmes anti-spam et anti-appât à clics pour réduire le contenu IA de faible qualité.
Le dilemme devient structurel
Ex Machina représente l’adoption “responsable” : l’IA comme outil, les humains au centre, les syndicats respectés.
YouTube représente la réalité opérationnelle : 1 million de chaînes par jour qui utilisent l’IA, combat du “slop” APRÈS l’invasion de la plateforme.
2026 marque le passage de l’IA en production comme je l’avais prédit dans le Streaming Radar #27. Mais opérationnel ne signifie pas propre.
Prochaine étape : Les contrats WGA et SAG-AFTRA arrivent à échéance fin 2026. Les clauses IA obtenues lors des grèves de 2023 — consentement obligatoire pour les répliques numériques, interdiction de créditer l'IA comme auteur, compensation pour l'utilisation des voix et images — seront renégociées. Ex Machina sera le cas test : peut-on vraiment produire en étant "aligné avec les syndicats" ou est-ce juste du marketing ?
Mon pari : les syndicats accepteront l’IA comme outil SI les crédits, les résiduals et les droits restent protégés. Mais ça créera une fracture dans l’industrie entre productions “syndicales IA” (chères mais éthiques) et productions “full IA” (cheap mais précaires).
Hollywood vivra la même fracture que l'industrie manufacturière dans les années 2000 : d'un côté, des productions 'syndicales IA' (plus chères, mais avec protections et crédits garantis), de l'autre, des productions 'full IA' offshore ou non-syndiquées (budget divisé par trois, mais conditions précaires). Exactement comme le textile s'est scindé entre 'Made in France' et fast-fashion asiatique.
Substack lance son application TV (et les newsletters deviennent lean-back)
Petite note rapide : Substack annonce le 22 janvier 2026 le lancement en bêta de son application TV pour Apple TV et Google TV.
Focus sur “une expérience de visionnage fiable et de haute qualité” pour les vidéos longues. Fonctionnalités : publications vidéo et diffusions en direct des créateurs suivis, recommandations “Pour Vous”, pages de chaînes. Les paywalls s’appliquent selon le niveau d’abonnement.
Substack avait élargi son offre vidéo en direct en septembre 2024, soit 16 mois avant le lancement de l’application télé.
Jim Acosta (journaliste) : “game-changing moment for independent media” — moment révolutionnaire pour les médias indépendants.
Réaction mitigée : certains écrivains critiquent la dérive depuis les racines centrées sur l’écriture.
Connexion via QR code. Positionnement du contenu vidéo des créateurs pour un visionnage “lean-back” (posture détendue sur le canapé).
Futur : aperçus de contenu payant pour les abonnés gratuits.
Mon analyse : c’est la transition newsletter → visionnage télé détendu. Exactement comme YouTube est passé de l’ordinateur à la télévision connectée. Les créateurs Substack pourront monétiser leurs vidéos longues format podcast sur écran télé.
Reste à voir si l’audience suivra. Mais le mouvement est logique.
Conclusion : Infrastructures Autonomes Pour Marchés Grand Public
Janvier 2026 confirme trois mouvements techniques simultanés :
Le vertical drama devient infrastructurel : Netflix refond son application, TikTok lance PineDrama autonome, Fox et Disney+ testent. La question n’est plus “si” mais “comment” chaque plateforme intègre le format vertical.
L’IA en production devient opérationnelle : Ex Machina (vétérans + IA éthique), YouTube (combat de la pollution par IA), automatisation FAST (Frequency, OTT Studio). L’intelligence artificielle sort des laboratoires de recherche.
Le FAST devient grand public ET automatisé : 64% des foyers Roku, habitudes de consommation identiques au câble, pendant que Frequency, OTT Studio et Amagi automatisent la programmation via IA.
Côté business, l’accélération continue :
Netflix intègre le vertical comme fonctionnalité complémentaire. Fox et Disney+ testent. Les applications autonomes révèlent leur fragilité économique : ReelShort génère 490 millions cumulatifs (rentabilité incertaine), DramaBox 450 millions (marges sous pression). Le verdict tombe : micro drama = fonctionnalité, pas produit.
Le FAST se consolide brutalement (STIRR -49%, ViX -34%) mais le marché consommateur explose (64% des foyers Roku, 120 millions de téléspectateurs américains en 2026). La sélection naturelle favorise les chaînes automatisées.
Netflix cherche “l’engagement quotidien” contre TikTok et YouTube. Ted Sarandos : Oscars et championnat sur YouTube, Apple concourt pour les Emmy et Oscars, Instagram arrive bientôt. Les frontières de la consommation télé s’effacent.
Le vrai signal faible : l’infrastructure devient autonome (programmation FAST par IA, production assistée IA chez Ex Machina, modération IA chez YouTube) exactement au moment où les marchés consommateurs atteignent la masse critique (FAST 64% des foyers, vertical drama intégré chez Netflix, microdramas projetés à 26 milliards en 2030).
Je suis long sur le vertical drama comme fonctionnalité. Long sur l'IA éthique en production. Short sur les applications autonomes de microdramas.
Ludovic est consultant. Passionné par l’innovation digitale, il accompagne plateformes et contenus dans l’optimisation de leurs offres SVOD, AVOD et FAST. Sur Streaming Radar, il décrypte les tendances de la tech et du business dans le secteur du Streaming et de l’OTT.




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Thankx Ludo
quel est le cout moyen a la minute d'un docudrama verticale
achat , prod
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