Streaming Radar #21 : Netflix devient courtier en IP, les films prennent le pouvoir
Quand l’exclusivité meurt et que le catalogue redevient roi
TL;DR
Netflix bascule de plateforme à distributeur d’IP : deal Spotify pour distribuer ses podcasts, abandonnant le modèle “walled garden” après 15 ans de contrôle exclusif
Les films dominent désormais le streaming : 48% des revenus US (+21 points vs 2022) grâce aux catalogues Pay-2/3, stratégie anti-churn validée par Ted Sarandos
L’exclusivité est morte, place au “IP yield” : Sony monétise Cobra Kai sur 6 plateformes simultanément, rendement maximal sur chaque asset
FAST mute en infrastructure : de format autonome à backbone technique multi-plateformes (YouTube Primetime, Max Free)
Apple TV + Peacock = $15/mois : premier bundle Apple/tiers après le rebranding d’Apple TV (anciennement Apple TV+), contournement des app stores confirmé
La fin du tout-chez-moi Netflix
Quinze jours décisifs pour comprendre où va le streaming. Pendant qu’Amazon continuait son expansion avec Fire TV, Netflix signait un accord qui casse 15 ans de stratégie : un partenariat avec Spotify pour distribuer ses podcasts originaux sur la plateforme audio.
Pourquoi c’est important ? Depuis 2007, Netflix fonctionnait sur un principe simple : garder tout son contenu exclusif sur sa plateforme. Ses séries, ses films, même ses podcasts restaient cloisonnés chez Netflix. Si vous vouliez les voir, il fallait être abonné Netflix. Point final. Parallèlement, Netflix poursuit son expansion dans le sport en direct avec ses matchs NFL de Noël, après le succès de 2024 qui a attiré plus de 30 millions de spectateurs.
Ce que j’observe depuis Streaming Radar #13 se confirme : l’industrie abandonne cette logique du “tout chez moi” pour maximiser les revenus de chaque contenu, peu importe où il est diffusé. Comme l’écrit Julia Alexander chez Puck, Netflix passe de “maître du contenu et de la distribution” à “intermédiaire stratégique”. En clair : Netflix devient aussi un distributeur qui place ses contenus là où ça rapporte le plus.
Les cartes se redistribuent autour de trois grands mouvements : les catalogues de films qui rapportent plus que les séries originales, les plateformes qui se regroupent en packs pour garder leurs abonnés, et les chaînes gratuites avec pub (le “FAST”) qui deviennent l’infrastructure invisible du streaming. À noter également le rebranding discret d’Apple TV+ en “Apple TV” annoncé le 13 octobre 2025 — abandonnant le “+” et fusionnant le nom du service avec celui du boîtier et de l’application. Décryptage.
🎬 Le grand virage Netflix : ouvrir les portes du coffre-fort
L’annonce fait l’effet d’une bombe chez les observateurs de l’industrie. Netflix, qui refusait systématiquement de partager son contenu avec d’autres plateformes — même ses podcasts restaient enfermés dans son application — signe un accord majeur avec Spotify. Spotify récupère les podcasts originaux Netflix de Spotify Studios et The Ringer (dont certains liés à ses séries phares), marquant un tournant stratégique après 15 ans d’exclusivité absolue.
Julia Alexander analyse chez Puck : “Netflix comprend désormais que maximiser la valeur d’un contenu nécessite parfois de le distribuer là où l’audience se trouve déjà, plutôt que de forcer l’audience à venir”. En chiffres : les podcasts Netflix sur Spotify touchent 640 millions d’utilisateurs actifs mensuels contre 283 millions d’abonnés Netflix (dernier chiffre public Q3 2024). Pour ses matchs NFL de Noël, Netflix gère directement la diffusion après le succès de 2024 qui a attiré plus de 30 millions de spectateurs — un défi technique colossal qu’ils ont relevé.
Cette stratégie répond à une réalité chiffrée par Parrot Analytics : les vieux films de catalogue génèrent aujourd’hui l’essentiel de la valeur streaming. Netflix l’a compris avec son accord Sony qui diffuse Cobra Kai simultanément sur 6 plateformes dans différents pays. Comme je l’expliquais dans SR #9, la bataille n’est plus “tout chez moi”, mais “mon contenu partout où il rapporte de l’argent”.
Le timing est stratégique. YouTube vient de dépasser Netflix en temps passé devant la télé connectée aux États-Unis (comme rapporté dans Streaming Radar #13), avec 28% contre 15% pour Netflix. Pendant ce temps, Netflix maintient sa stratégie NFL en vendant à nouveau tous les inventaires publicitaires de ses matchs de Noël 2025, démontrant l’attractivité commerciale du sport en direct.
La conclusion s’impose : l’exclusivité est terminée. Le nouveau jeu, c’est le rendement maximum pour chaque contenu. Sony l’avait démontré en 2024 avec Spider-Man: No Way Home : sortie cinéma (1,9 milliard de dollars au box-office), puis location numérique premium, puis Netflix aux États-Unis, puis Disney+ à l’international, puis services gratuits avec pub. Six façons différentes de faire payer le même film. Netflix adopte enfin ce modèle, 10 ans après tout le monde.
📊 Les vieux films battent les séries neuves : 48% des revenus
Parrot Analytics publie une étude qui bouscule les idées reçues : les films représentent désormais 48% des revenus streaming aux États-Unis pour Netflix, Prime Video, Disney+ et Max combinés. En 2022, ce chiffre était de 27%. Doublement en trois ans.
Plus surprenant encore : les vieux films sous licence (que les plateformes louent à des studios, pas leurs productions originales) génèrent 66% de cette valeur, contre seulement 26% en 2022. En clair : le film Warner que vous regardez sur Max en 2025 — sorti il y a trois ans au cinéma — rapporte plus d’argent à la plateforme que la série originale lancée le mois dernier.
Ted Sarandos confirme cette stratégie lors du dernier rapport financier Netflix : leur bibliothèque de films (majoritairement loués à d’autres studios) constitue le “film du weekend” des abonnés, ce qui les incite à garder leur abonnement. Les données Antenna le confirment : le taux de résiliation mensuel des services avec un gros catalogue films (Netflix, Prime Video) reste stable à 4,1%, tandis que les services centrés sur leurs propres séries (Apple TV, Paramount+) perdent entre 6% et 12% de leurs abonnés chaque mois.
Wall Street pousse cette évolution. Les analystes expliquent qu’acheter les droits d’un film coûte 10 à 30 millions de dollars pour une diffusion de 12 à 24 mois, contre 150 à 300 millions pour produire une série originale de 8 épisodes — dont le buzz ne dure que 2 à 3 semaines après la sortie. Le catalogue films offre un retour sur investissement plus prévisible et une durée de vie beaucoup plus longue.
Parrot Analytics détaille comment Disney+ aurait réduit significativement sa production de séries originales hors Marvel et Star Wars en 2024, tout en multipliant ses achats de films à d’autres studios (Sony, Paramount, Lionsgate). Résultat observé : le temps passé sur Disney+ par abonné reste stable, mais avec une approche budgétaire plus mesurée. Même engagement, coûts optimisés.
Comme nous l’avions anticipé dans Streaming Radar #9, l’industrie sort de sa phase “série événement tous les mois à 200 millions de dollars” pour revenir aux fondamentaux du divertissement : un catalogue profond, renouvelé régulièrement, garde mieux les abonnés qu’une série prestige éphémère.
↩️ Retour vers le futur : la stratégie Sony retrouve ses racines broadcast
The Streaming Wars décrypte la stratégie Sony qui redevient la référence du marché : “Pendant que tout le monde construisait sa plateforme de streaming, Sony a construit une machine à cash”. Concrètement, Sony Pictures ne possède aucun gros service de streaming aux États-Unis (pas de “Sony+”), mais génère plus de revenus streaming que Paramount+ ou Peacock — qui eux ont investi des milliards dans leurs plateformes.
Ce que Sony fait aujourd’hui n’est pas nouveau. C’est exactement le modèle qui dominait la télévision et le cinéma pendant 80 ans : les studios produisaient du contenu, les chaînes et salles de cinéma payaient pour le diffuser. Warner Bros, Universal, Paramount ont bâti leur fortune ainsi pendant des décennies. La différence ? Entre 2015 et 2022, Disney, Warner et Paramount ont abandonné ce modèle pour lancer leurs propres plateformes exclusives. Ils ont voulu contrôler toute la chaîne : production ET distribution.
Le résultat ? Des milliards investis, des pertes massives, et maintenant un retour en arrière. Disney commence à revendre ses contenus à d’autres plateformes. Warner Bros Discovery fait pareil avec ses films DC sur Max, qui atterrissent désormais aussi sur Netflix 18 mois après leur sortie initiale.
Le cas d’école s’appelle Cobra Kai. Série originalement produite pour Netflix jusqu’en 2023, rachetée par Sony en 2024. Distribution de la dernière saison : Netflix aux États-Unis, Amazon Prime Video au Royaume-Uni et Allemagne, Disney+ en France/Italie/Espagne, Paramount+ en Australie, Crunchyroll au Japon (version doublée), Pluto TV en chaînes gratuites partout dans le monde. Six plateformes différentes, chacune payant des droits exclusifs pour son territoire. Sony encaisse six fois sur la même série.
La méthode Sony repose sur trois piliers détaillés par Julia Alexander :
1. Découper le monde pays par pays : Vendre la France séparément de l’Allemagne, séparément du Royaume-Uni, même si tous sont “en Europe”. Exemple Spider-Man: Across the Spider-Verse : Netflix États-Unis, Disney+ France, Sky Royaume-Uni, RTL+ Allemagne. Avantage : Sony réduit ses budgets marketing car chaque plateforme fait sa propre promotion locale.
2. Vendre en séquence temporelle : Location numérique premium 45 jours après le cinéma (19,99 dollars, Sony garde 70%), puis abonnement premium 6 mois après (Netflix/Disney+), puis abonnement mid-tier 18 mois après (Paramount+/Peacock), puis gratuit avec pub 36 mois après (Pluto TV, Tubi). Chaque période touche une audience différente prête à payer différemment.
3. Vendre le contenu, pas la plateforme : Au lieu de dire “voici notre catalogue, prenez tout ou rien”, Sony vend film par film, série par série, à toutes les plateformes en même temps via des accords annuels. Sony Pictures Entertainment a généré 2,58 milliards de dollars de revenus au 3ème trimestre 2024, avec ses revenus de licensing TV et streaming en forte récupération après les grèves d’Hollywood.
Les chiffres Parrot Analytics confirment l’efficacité : les films Sony génèrent en moyenne 1,8 fois plus de revenus totaux (en comptant toutes les fenêtres de diffusion) que les films produits directement par Netflix ou Disney+. La raison ? Sony optimise pour gagner le maximum d’argent sur toute la durée de vie du film. Netflix et Disney optimisaient pour attirer de nouveaux abonnés tout de suite. Mais même Disney revient progressivement à cette logique d’IP yield.
Le mouvement s’accélère. En décembre 2024, Disney a annoncé un accord avec Netflix pour redistribuer certains films Marvel après leur période d’exclusivité Disney+. Le modèle exclusif “tout sur ma plateforme” s’effrite partout.
Dan Rayburn analyse : “Les studios retrouvent leur rôle historique : producteurs de contenu qui vendent des droits de diffusion. Les plateformes redeviennent ce qu’elles ont toujours été : des distributeurs qui achètent des licences. On revient aux fondamentaux d’avant Netflix, mais avec un marché 10 fois plus grand”. Effectivement, le marché mondial des droits de diffusion 2025 est estimé à 45 milliards de dollars par MIDiA Research, contre 4,2 milliards en 2019.
📺 Les chaînes gratuites deviennent l’infrastructure invisible
Basculement majeur observé cette semaine. The Streaming Wars titre : “Les chaînes FAST deviennent le format derrière le format”. Traduction : les chaînes gratuites avec pub (FAST = Free Ad-Supported Streaming TV, comme Pluto TV ou les chaînes qu’on trouve sur les télés Samsung) ne sont plus des applications séparées. Elles deviennent une technologie que toutes les plateformes utilisent pour recycler leur vieux catalogue en mode “télé classique avec programme”.
YouTube Primetime Channels, lancé discrètement en août 2024, intègre maintenant plus de 150 chaînes gratuites avec pub directement dans YouTube. L’utilisateur ne sait pas qu’il regarde une “chaîne FAST” : il clique sur “Films gratuits avec pubs” et YouTube lui sert un programme pré-monté. C’est comme regarder TF1, mais sur YouTube. La technologie derrière = FAST (playlists de films lancées en boucle avec pub insérées automatiquement), l’expérience devant = YouTube normal.
Max (ex-HBO Max) adopte la même approche avec “Max Free”, annoncé pour Q4 2025. Au lieu de créer une application FAST séparée comme Paramount l’a fait avec Pluto TV, Warner Bros Discovery prévoit d’intégrer 50 chaînes gratuites thématiques dans l’application Max qu’on connaît déjà. Menu dédié “Gratuit avec pubs”, mais utilisation fluide dans la même app. L’objectif : transformer les spectateurs gratuits en abonnés payants via des promos ciblées pendant qu’ils regardent.
Colin Dixon commente dans nScreenMedia : “Le vrai succès du FAST, ce n’est pas Pluto TV avec ses 80 millions d’utilisateurs. C’est YouTube qui utilise cette technologie FAST pour monétiser ses 2,5 milliards de spectateurs mensuels qui regardaient déjà des films et séries (souvent illégalement) sur YouTube. Coût supplémentaire pour YouTube : zéro. Revenus publicitaires : énormes”.
Les chiffres Wurl (qui fournit la technologie FAST à plus de 1200 chaînes) révèlent cette transformation : 63% des chaînes FAST créées en 2024-2025 sont intégrées dans des applications d’abonnement existantes, contre seulement 18% en 2022. Les applications FAST indépendantes perdent du terrain : Samsung TV Plus perd 12% d’utilisateurs actifs vs 2024, Plex FAST -8%. À l’inverse, les chaînes FAST intégrées dans Prime Video (+340%), Paramount+ (+156%) et YouTube (+89%) explosent.
Techniquement, c’est devenu simple. Des entreprises comme Amagi, Frequency ou Veset vendent des solutions clés en main qui permettent à n’importe quelle plateforme d’ajouter 50 chaînes gratuites en quelques semaines. La technologie FAST devient aussi banale que la diffusion vidéo elle-même. Toute plateforme peut désormais proposer des chaînes thématiques automatiques sans embaucher de programmateurs : une intelligence artificielle assemble le catalogue existant en playlists continues.
Antenna confirme : 47% des foyers américains regardent des chaînes gratuites avec pub chaque semaine en octobre 2025, +16% vs 2024. Mais 78% de cette audience passe par YouTube, Prime Video ou Max — pas par des applications FAST dédiées. Le FAST est devenu invisible, intégré dans les destinations que les gens utilisent déjà.
🤝 Apple accepte de partager : bundle avec Peacock à 15$/mois
Note préalable : Apple a discrètement rebrandé son service de streaming le 13 octobre 2025, abandonnant le nom “Apple TV+” pour devenir simplement “Apple TV” — le même nom que son boîtier et son application. Le timing de ce changement, juste avant l’annonce du bundle avec Peacock, n’est probablement pas un hasard.
Apple et NBCUniversal annoncent un pack combiné Apple TV (normalement 9,99 dollars par mois) + Peacock Premium (7,99 dollars par mois) pour 14,99 dollars par mois, soit 2,99 dollars d’économie mensuelle. Première fois qu’Apple accepte de regrouper son service de streaming avec un concurrent, et surtout de contourner complètement son propre App Store pour la facturation.
Le détail technique est révélateur. L’abonnement est géré directement par Comcast (qui possède NBCUniversal), pas via Apple. L’utilisateur paye Comcast, qui reverse ensuite 7 dollars par mois à Apple. Apple renonce à sa commission habituelle de 30%, mais touche un public qu’il n’aurait jamais converti seul : Antenna estime qu’Apple TV plafonne à 25 millions d’abonnés payants américains (vs plus de 100 millions pour Netflix), avec 11% d’abonnés qui partent chaque mois — parmi les pires taux du marché.
Colin Dixon analyse : “Apple comprend qu’Apple TV seul ne peut pas rivaliser. En se regroupant avec Peacock — qui a le sport en direct (NFL, Premier League anglaise) et tout le catalogue NBC/Universal — ils créent une offre à 15 dollars qui concurrence le pack Disney+ Standard avec pubs (7,99 dollars) + Hulu avec pubs (9,99 dollars) = 17,98 dollars. Positionnement agressif sur le prix”.
Ce bundle confirme la tendance observée dans Streaming Radar #9 : les packs de services deviennent l’arme numéro 1 contre les résiliations. Ampere Analysis révèle que les abonnés Disney qui prennent le pack Disney+/Hulu/ESPN+ ont 59% moins de chances de résilier que ceux qui n’ont que Disney+ seul. Apple applique cette recette : pack avec Peacock = audience captive grâce aux sports en direct + séries originales Apple.
Le timing coïncide avec d’autres mouvements similaires : Verizon lance son propre pack Netflix + Max (à partir de 16,99 dollars par mois selon forfait) et T-Mobile offre Apple TV gratuit sur ses forfaits 5G haut de gamme. Les opérateurs télécoms redeviennent les assembleurs de streaming, exactement comme ils étaient les vendeurs de bouquets télé câble. En France, Canal+ propose depuis plusieurs années des formules intégrant Netflix, Disney+ et d’autres services. Orange et Free ont également développé des offres similaires avec leurs box internet, incluant diverses plateformes de streaming dans leurs forfaits premium.
Dan Rayburn prédit : “D’ici 2026, 60% des abonnements streaming américains seront vendus via des packs opérateurs ou inter-plateformes. Le consommateur ne s’abonne plus directement à Netflix, il s’abonne à Verizon qui inclut Netflix dedans. Netflix encaisse pareil, mais c’est Verizon qui a fait la vente”.
Les chiffres expliquent pourquoi c’est gagnant pour Netflix. Le coût pour acquérir un nouveau client via la publicité directe = 90 à 120 dollars par abonné selon Antenna. Via un pack avec un opérateur télécom = 25 à 35 dollars (l’opérateur paye une commission mais s’occupe de tout le marketing). Le calcul est vite fait : mieux vaut gagner moins par client mais en avoir beaucoup plus.
🎯 Bilan : bienvenue dans l’ère du mercenariat du contenu
En quinze jours, le streaming a lâché ses derniers dogmes. Netflix distribue sur Spotify et YouTube. Sony monétise Cobra Kai sur six plateformes. Disney revend Marvel à Netflix. Apple s’allie à Peacock. Les catalogues films écrasent les séries originales en ROI. Le FAST devient invisible, intégré partout.
Le nouveau mantra ? Votre contenu n’est plus votre prison, c’est votre devise. Maximisez chaque IP sur tous les territoires, toutes les fenêtres, tous les formats. Le streaming de 2025 ressemble étrangement à Hollywood de 1985 : des studios qui produisent, des distributeurs qui achètent, des catalogues qui se revendent en boucle. Sauf qu’on a remplacé les VHS par les APIs.
Les perdants ? Ceux qui gardent encore leurs murs fermés. Apple TV à 11% de churn mensuel. Paramount+ qui hésite entre tout garder et tout vendre. Les gagnants ? Sony qui encaisse six fois sur la même série. Netflix qui fait payer ses podcasts et son NFL sans gérer l’infrastructure. YouTube qui monétise 2,5 milliards de spectateurs avec de la tech FAST à coût zéro.
L’exclusivité est morte. L’IP yield règne. Dans deux semaines, on verra si le codec AV2 tient ses promesses, si le bundle Apple/Peacock trouve son public, et combien Netflix a vraiment encaissé avec son NFL diffusé sur YouTube. Parce que c’est ça, la nouvelle équation : gagner de l’argent n’importe où, même chez la concurrence.


